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9 avril 2008 - Arts, architecture... - Asie

Le ballet royal du Cambodge

« La danse classique cambodgienne est trop originale pour se confondre avec une autre. Elle ne tend pas, comme le ballet classique occidental, à affranchir le danseur des lois de la pesanteur. Elle ne cultive pas l'ésotérisme des danses indiennes. Elle ne résonne pas du bruit et de la fureur des danses javanaises... » (livret de présentation du spectacle)

Le ballet royal du Cambodge, qui déjà en 1906 passionnait les Parisiens et bouleversait Auguste Rodin, se produisait ces jours-ci à la salle Pleyel. Une vingtaine de danseuses, accompagnées de chanteurs et de musiciens traditionnels, racontaient avec grâce et splendeur la fondation légendaire du royaume ; c'est un art du Cambodge d'avant, reconstruit après, par les survivants qui en ont transmis la mémoire.


Image provenant de L'Éléphant blanc

Le trait dominant de cette danse est la modération. Les danseuses, qui jouent également les rôles masculins, ne se pressent jamais ; elles ne s'arrêtent jamais non plus. Les corps bougent en permanence avec un calme qui relève plutôt de la maîtrise que de la lenteur. Ce goût de la mesure se traduit par la figure du pli : chacune des parties du corps, doigts, mains, avant-bras, biceps, cuisses, jambes, pieds, forme un angle avec celle qui suit. Les positions évoluent : les bras se déploient un peu mais sont rarement tendus ; ils se replient également, sans que le coude ne se referme complètement.

Les danseuses ne se peignent pas les doigts comme en Inde ; les mouvements des mains sont pourtant au cœur de cette danse. Ce ne sont pas les pieds qui dirigent les mouvements comme chez les petits rats en tutus, mais les doigts qui entraînent les mains, les bras, le corps entier. Autour du tronc qui frémit à peine, le corps prend la forme d'un réseau végétal qui se déploie dans l'espace avec la douceur d'une plante, non avec la vigueur d'un animal. Les mouvements d'ensemble, dans lesquels les danseurs sont groupés autour de la figure centrale du héros ou de la princesse, sont aussi hiérarchisés que les branches d'un arbre : chacun occupe sa place et joue le rôle qui lui a été désigné.

L'orchestre accompagne les gestes des danseuses du rythme de ses percussions. Les chanteurs donnent une voix à des personnages, princes, princesses, dieux bienveillants auxquels les danseuses apportent leur présence physique. Les scènes d'ensemble assemblent avec une beauté sans pareille les costumes ajustés au plus près des corps, dont les bijoux et les brillants illuminent la scène, la parfaite entente des danseurs et de la musique, le son d'un hautbois dont le pouvoir de fascination de la musique cambodgienne, comme dans la musique de Coltrane, s'installe dans la durée.

Ces danseuses racontent, avec des poses qui rappellent les sculptures d'Angkor, comment un prince chassé par son père a rencontré une princesse sur une montagne au milieu de la mer, comment il l'a épousée, comment le roi son beau-père a aspiré la mer afin de lui créer un royaume : cette danse est un moyen d'expression. C'est aussi un moyen d'impressions...

Publié par thbz le 09 avril 2008

2 commentaire(s)

1. Par S.  (11 avril 2008) :

A chaque passage par ici, une nouvelle attire mon attention. Cette fois, ce n'est pas vraiment un détail que j'ai pu rater ou qui m'a échappé mais un art complètement inconnu de ma part, un exotisme parfait qui en lisant cet article donne envie d'en savoir plus...

2. Par Cambodge  (12 avril 2008) :

Très bel article sur le ballet royal !

Et pour en savoir plus sur le Cambodge en général, on peut signaler le site : http://www.netvibes.com/cambodia

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