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2 mai 2008 - Arts, architecture...Les trois principes de l'architecture
Au 14 de la rue Vaneau, dans le 7ème arrondissement de Paris, une maison porte sur sa façade le portrait en médaillon de Philibert Delorme, architecte français de la Renaissance :


La façade comporte de nombreuses boiseries, moulures, bas-reliefs :

À l'étage supérieur, on peut lire la formule suivante :


Bona aedificatio tres habet conditiones : comoditatem (sic), firmitatem et delectationem
De nombreux architectes au cours de l'histoire ont ainsi ramené les éléments essentiels de leur métier à trois principes fondamentaux. Ces trois principes sont toujours à peu près les mêmes et viennent de Vitruve : « venustas, utilitas, firmitas » (beauté, utilité, solidité).
Sur Wikipédia on trouve la version de :
- Leone Battista Alberti : « necessitas, commoditas, voluptas » ;
- François Blondel : « distribution, construction, décoration » ;
- Jacques François Blondel (non, ce n'est pas le même que le précédent) : « commodité, solidité, agrément » ;
- Hector Guimard : « harmonie, logique, sentiment » ;
- Pier Luigi Nervi : « fonction, structure, forme ».
J'ai moi-même vu Christian de Portzamparc, au Collège de France, énoncer ses propres principes en les rattachant à ceux de ses prédécesseurs :
- perception : corps vécu, phénoménologie ;
- production : technique, construction ;
- représentation : discours esthétiques et idéologiques, modèles, styles.
Quant à cette maison du 14, rue Vaneau, de quoi s'agit-il exactement ? A-t-elle été construite par Philibert Delorme ? En ce cas, aurait-il mis son propre portrait sur la façade de son domicile ? S'agit-il d'un aménagement ultérieur, voire d'un pastiche du 19ème, par lequel on aurait voulu rendre hommage à l'architecte d'Henri II ? Je l'ignore : je sais seulement que l'édifice est actuellement en chantier.
5 mai 2008 : mon Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments (enfin, celui des frères Lazare, qui dit tout sur le Paris qui précède immédiatement les travaux d'Haussmann) indique que la « rue Vanneau » (sic) a été ouverte sur une ordonnance royale de 1826. Il est donc peu probable que ce bâtiment, qui suit bien l'alignement de la rue, soit plus ancien que cette date. Je parierais pour le Second Empire.
Publié par thbz le 02 mai 2008
4 commentaire(s)
1. Par S. (04 mai 2008) :
(Il va falloir que je refasse un tour dans la rue Vaneau. Et une adresse de plus dans ma longue liste.)
Pour les trois principes de l'architecture, ils n'ont jamais changé de fond à travers les siècles, mais de forme en étant plus modernes, mieux adaptés aux différentes générations et divers âges. Comme quoi, les fondamentaux nous suivent toujours...
2. Par S. (08 mai 2008) :
Intéressante ta dernière découverte...
Il va falloir demander à un expert, j'essayerai de voir dans mes documents si je trouve quelque chose la concernant.
3. Par Le mateur de nouilles (15 mai 2008) :
Il est très improbable que Philibert Delorme ait placé un tel portrait de lui sur cette façade, avec son nom écrit en grosses lettres. Ce médaillon est évidemment un hommage.
L'édifice, plutôt joli, ressemble effectivement à un pastiche de la Renaissance, comme on aimait en faire au milieu du XIXe siècle. Il est sans doute du Second Empire, mais peut aussi remonter à la Monarchie de Juillet. Qu'un architecte féru d'architecture classique ait ainsi voulu rendre hommage à un de ses grands prédécesseurs n'a rien de surprenant...
4. Par thbz (16 mai 2008) :
Oui, je m'étonne même d'avoir cru possible que cet immeuble remonte à la Renaissance. Je ne connais pas grand'chose à Philibert Delorme, mais je ne crois pas que ce soit son style d'architecture. Je n'ai d'ailleurs pas retrouvé cette formule sur le Web (comoditatem / commoditatem, firmitatem et delectationem).