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15 juillet 2010 - Paris

Vu depuis une galerie

Depuis la galerie de la Bibliothèque publique d'information du centre Pompidou (BPI, comme si toutes les bibliothèques publiques n'avaient pas l'information comme mission), on aperçoit
des vendeurs de bibelots
des faiseurs de portraits
des artisans de spectacles minimaux
des touristes et des passants qui regardent passer le temps, assis sur le pavé
des touristes et des passants qui passent sans s'arrêter
des arbres plantés dans les pavés, entourés de grilles en acier moulé de type « Sambre et Meuse »
des boutiques de souvenirs, un glacier italien qui propose notamment des brioches fourrées à la glace
une place en pente, comme celle de Sienne avec laquelle elle partage une certaine forme de convivialité (cette « piazza » est souvent décrite comme l'une des plus grandes réussites du centre Pompidou. Les architectes l'ont-ils conçue comme un espace public que s'approprieraient les passants et les touristes, les vendeurs d'objets et d'éphémère ? Ou s'agissait-il seulement de gagner de la place en installant le hall d'entrée un niveau en-dessous du niveau de la rue ?)
des tubes d'aération du parking souterrain, symbole largement reconnu du centre Pompidou
des maisons de style Louis XIII, Louis XIV, Louis XV
un sol de pavés réguliers, entièrement dépourvu de tout équipement mais bien structuré par de larges bandes rectilignes (un espace à la fois ouvert et ordonné procure un agréable sentiment de liberté).

Plusieurs temps se côtoient...
...le temps bref des habitués de la BPI, qui sortent du bâtiment et traversent la piazza sans prêter attention à un spectacle qui, pour eux, est quotidien (ils sont entrés de l'autre côté, par la sinistre (mais s'en soucient-ils ?) rue du Renard).
...le temps curieux des touristes qui ont visité le musée ou les expositions et pour un petit nombre d'entre eux s'arrêtent pour acheter quelque chose, en tout cas regardent autour d'eux, attentifs à ne pas rater quelque expérience nouvelle en ce lieu exceptionnel.
...le temps oisif de ceux, touristes ou Parisiens, amis, couples ou personnes seules qui s'asseyent quelque temps sur le parvis, regardent la façade étrange du centre Pompidou, prennent le soleil lorsque les nuages s'écartent, ouvrent un livre, allument même leur ordinateur portable, grattent une guitare.
...le temps linéaire des passants qui ne descendent pas sur le parvis mais le longent, s'arrêtant peut-être dans une boutique.
...le temps suspendu de l'observateur, posté sur une galerie accrochée à la façade, sorti de la BPI le temps d'une pause, contemplant provisoirement, pour mieux ensuite retrouver ses livres, ce spectacle calme et un peu lointain.

Publié par thbz le 15 juillet 2010

2 commentaire(s)

1. Par Détails  (28 juillet 2010) :

"es architectes l'ont-ils conçue comme un espace public que s'approprieraient les passants et les touristes, les vendeurs d'objets et d'éphémère ? Ou s'agissait-il seulement de gagner de la place en installant le hall d'entrée un niveau en-dessous du niveau de la rue ?"

Aujourd'hui quand on parle d'un espace public à Paris, presque tous sont d'accord pour nommer cette piazza bien qu'il ne s'agit que d'un parvis bien aménagé.

2. Par yvelinoise  (15 août 2010) :

Bonjour ! je débarque chez vous via votre commentaire éclairant sur le 29 avenue Rapp de Paris 1900 et j'ai le plaisir de découvrir ici un éclectisme bienvenu qui me convient parfaitement.

Le texte n'est peut-être pas celui d'un "spécialiste" (référence à l'avertissement de votre bannière), quoique... En tous cas c'est celui d'un connaisseur sachant aller au fond des choses.
Les temps du parvis m'ont particulièrement séduite et j'y reconnais la plume attentive d'un observateur inspiré, ou l'inverse. Je reviendrai.

yvelinoise (alias Tilia en son grenier)

PS : coucou Sipane !

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