<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<feed version="0.3" xmlns="http://purl.org/atom/ns#" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xml:lang="en">
<title>Bloc-notes</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/" />
<modified>2012-03-21T06:19:28Z</modified>
<tagline>thbz (m&apos;écrire) - Attention ! Ceci est le Web. Ne croyez pas que ce que vous lisez a été écrit par un spécialiste.</tagline>
<id>tag:,2012:/1</id>
<generator url="http://www.movabletype.org/" version="3.01">Movable Type</generator>
<copyright>Copyright (c) 2012, thbz</copyright>
<entry>
<title>Éloge de l&apos;ombre</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2012/03/aloge_de_lombre.html" />
<modified>2012-03-21T06:19:28Z</modified>
<issued>2012-03-21T06:09:53Z</issued>
<id>tag:,2012:/1.419</id>
<created>2012-03-21T06:09:53Z</created>
<summary type="text/plain">1) Paris, 16e arrondissement. Une réunion très sérieuse se tient dans une vaste pièce d&apos;un immeuble des beaux quartiers. La pièce n&apos;est éclairée que par la lumière du jour : la luminosité est donc limitée, mais suffisante pour écouter les...</summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>

<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<p><b>1) Paris, 16e arrondissement.</b></p>

<p>Une réunion très sérieuse se tient dans une vaste pièce d'un immeuble des beaux quartiers. La pièce n'est éclairée que par la lumière du jour : la luminosité est donc limitée, mais suffisante pour écouter les intervenants et prendre quelques notes. </p>

<p>Sans doute s'agit-il d'économiser l'énergie. La réunion est organisée par un pays scandinave ; j'imagine que des Français auraient prévu un éclairage à la lumière électrique.</p>

<p>Cette situation un peu inhabituelle a une vertu : elle permet de mieux comprendre le rôle de la lumière.</p>

<p>La luminosité naturelle est moins intense que l'éclairage électrique, mais elle est surtout irrégulière et incontrôlable. En ce jour de mars, le soleil se montre fugitivement, puis se cache derrière des nuages tantôt épais, souvent translucides.</p>

<p>La lumière varie selon le lieu où on est assis, dans son éclat et dans ses effets. Ceux qui sont placés face à la fenêtre sont éblouis par l'éclat des nuages qui reflètent la lumière du soleil et peinent à bien distinguer les traits des personnes assises en face d'eux, à contre-jour. Celles-ci, au contraire, bénéficient d'un éclairage plus régulier, soumis toutefois à des variations de pénombre selon la disposition des fenêtres dans la pièce.</p>

<p>Le choix d'un éclairage électrique aurait, au contraire, unifié la luminosité dans toute l'étendue de la pièce et gommé toute variation dans le temps. </p>

<p>L'éclairage naturel introduit donc une dépendance au lieu et à l'instant. Et on découvre soudain que cette contrainte, parce qu'elle rapproche le corps de sensations que l'on devine naturelles, est source d'une satisfaction floue, légère, inattendue.</p>

<p>La valeur de l'ombre et de la pénombre demeure à explorer. Ceux qui l'ont connue l'ont souvent oubliée.</p>

<p><b>2) Yim Seock Jae</b>, dans un livre intitulé <i>The Traditional Space: A Study of Korean Architecture</i>, énumère les six fonctions de l'ombre dans l'architecture traditionnelle coréenne&nbsp;:<br />
<ul><li>l'ombre définit la limite du territoire couvert par le bâtiment&nbsp;;</li><li>l'ombre d'un bâtiment crée une relation entre celui-ci et son voisin&nbsp;;</li><li>l'ombre crée des formes et des motifs, qu'elle dessine sur le sol ou sur les murs&nbsp;;</li><li>l'ombre ne cesse de se transformer et demeure impossible à saisir ;</li><li>l'ombre, comme abstraction, exprime le silence et représente l'univers avec des formes noires et blanches (ce qui n'est pas, pour moi, tout à fait clair)&nbsp;; </li><li>l'ombre est un indicateur du temps, de la saison, du temps même : «&nbsp;<i>The long shadow of the rafter falling on the window sill tells it was time to prepare dinner. (...) When the shadow that crisscrosses the white wall is blurred at the edges, we know to expect rain the next day</i>&nbsp;».</li></ul></p>

<p>C'est dans l'ombre du toit que l'on voit le mieux la forme recourbée de celui-ci. L'ombre unit le bâtiment au temps, aux saisons et au temps. «&nbsp;<i>And for this, our lives become richer.</i>&nbsp;»</p>

<p><img src="/images/hangug/ombre/IMG_2531.j-500.jpg"></p>

<center><img src="/images/hangug/ombre/IMG_2545.j-500.jpg"></center>

<p><img src="/images/hangug/ombre/IMG_2548.j-500.jpg"><br />
<!--<br />
<img src="/images/hangug/ombre/IMG_2547.j-500.jpg"><br />
<img src="/images/hangug/ombre/IMG_2489.j-500.jpg"></p>

<p><img src="/images/hangug/ombre/IMG_2492.j-500.jpg"></p>

<p><img src="/images/hangug/ombre/IMG_2509.j-500.jpg"></p>

<p><img src="/images/hangug/ombre/IMG_2515.j-500.jpg"></p>

<p><img src="/images/hangug/ombre/IMG_2544.j-500.jpg"><br />
--></p>

<p><b>3) Junichiro Tanizaki</b>, autour de 1930, a écrit un <i>Éloge de l'ombre</i>. Ce n'est pas vraiment un essai, ni tout à fait un récit. C'est plutôt un libre monologue.</p>

<p>Il y parle du papier japonais, des ustensiles en métal, des jades, des verres utilisés au Japon : tous ternes, tous troubles et voilés. Les Occidentaux, au contraire, n'aiment les objets que lorsqu'ils brillent et étincellent. </p>

<p>Il insiste surtout sur les vertus de l'ombre. </p>]]>
<![CDATA[<p>Celles-ci lui sont révélées dans un restaurant où il se sent incommodé par un éclairage électrique nouvellement installé ; demandant qu'on lui apporte les chandeliers d'autrefois, il découvre alors «&nbsp;un charme nouveau et tout autre&nbsp;» aux plateaux et bols en laque disposés sur la table. «&nbsp;Et je sus que si nos ancêtres avaient trouvé cet enduit qui a nom «&nbsp;laque&nbsp;», et s'étaient laissé ensorceler par les couleurs et le lustre des ustensiles qui en étaient recouverts, ce n'était point l'effet d'un hasard.&nbsp;»</p>

<div class=bloc-citation>«&nbsp;De tout temps la surface des laques avait été noire, brune ou rouge, autant de couleurs qui constituaient une stratification de je ne sais combien de «&nbsp;couches d'obscurité&nbsp;», qui faisaient penser à une matérialisation des ténèbres environnantes. Un coffret, un plateau de table basse, une étagère de laque brillante à dessin de poudre d'or, peuvent paraître tapageurs, criards, voire vulgaires ; mais faites une expérience : plongez l'espace qui les entoure dans une noire obscurité, puis substituez à la lumière solaire ou électrique la lueur d'une unique lampe à huile ou d'une chandelle, et vous verrez aussitôt ces objets tapageurs prendre de la profondeur, de la sobriété et de la densité.&nbsp;»</div>
<div style="text-align: right;"><small><i>Traduction de René Sieffert</i></small>.</div>

<p>La dorure qui orne certains objets en laque s'explique ainsi par la manière dont elle contraste avec l'obscurité ambiante et reflète la lumière vacillante des lampes. «&nbsp;Car un laque décoré à la poudre d'or n'est pas fait pour être embrassé d'un seul coup d'œil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l'un ou l'autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l'ombre, il suscite des résonances inexprimables.&nbsp;»</p>

<p>Tanizaki explore aussi les effets de l'ombre dans l'architecture.</p>

<div class="bloc-citation">Je suis totalement profane en matière d'architecture, mais je me suis laissé dire que, dans les cathédrales gothiques d'Occident, la beauté résidait dans la hauteur des toits et dans l'audace des flèches qui plongent dans le ciel. À l'opposé, dans les édifices religieux de notre pays, les bâtiments sont écrasés par les énormes tuiles faîtières, et leur structure disparaît tout entière dans l'ombre profonde et vaste que projettent les auvents.</div>

<p>Il est vrai que le toit, en Occident, est sans doute la partie la plus négligée de l'architecture. Tout est, chez nous, dans la façade ; c'est bien <a href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2009/05/seuils_de_kyoto_1.html">ce qui m'a troublé au Japon</a>. L'attention est portée sur les détails, pas sur l'organisation générale de la façade. </p>

<p>Tanizaki, lui, insiste sur les modalités de l'assombrissement dans les demeures japonaises : large auvent, vérandas, papier translucide diffusent une clarté ténue. Il s'agirait de jouer sur les degrés d'opacité de l'ombre. Le <i>toko no ma</i> lui-même, cette niche dans laquelle on dispose avec sobriété et harmonie une peinture, un arrangement floral, à peine visibles dans la pénombre, démontre «&nbsp;à quel point les Japonais ont pénétré les mystères de l'ombre, et avec quelle ingéniosité ils ont su utiliser les jeux d'ombre et de lumière.&nbsp;»</p>

<p>Le livre de Tanizaki, qui ne prétend pas être un théoricien, ne craint pas de se perdre dans certains délires esthétiques sur les vertus des toilettes à l'ancienne, la beauté des mains d'un acteur de nô ou la recette des sushi aux feuilles de kaki. Son attachement au passé confine au conservatisme. Souvent, toutefois, il touche juste :  </p>

<div class=bloc-citation>... notre imagination elle-même se meut dans des ténèbres noires comme laque, alors que les Occidentaux attribuent à leurs spectres même la limpidité du verre. Les couleurs que nous aimons, nous, pour les objets d'usage quotidien, sont des stratifications d'ombre : celles qu'ils préfèrent, eux, sont les couleurs qui condensent en elles tous les rayons du soleil. Sur l'argent et le cuivre, nous apprécions la patine ; eux la tiennent pour malpropre et antihygiénique, et ne sont contents que si le métal brille à force d'être astiqué. Dans les pièces d'habitation, ils évitent autant qu'ils le peuvent les recoins, et blanchissent le plafond et les murs qui les entourent. Jusque dans le dessin des jardins, là où nous ménageons des bosquets ombreux, ils étalent de vastes pelouses plates.&nbsp;»</div>

<p>Certes, on pourrait opposer à Tanizaki la netteté des estampes japonaises, d'où sont exclus tout flou et toute ombre, ou le goût du Japon moderne pour la lumière, qui paraît-il a conquis à nouveau Tokyo malgré les restrictions de la production d'électricité qui ont suivi la catastrophe.</p>

<p><b>4) Ce n'est pas que l'ombre soit ignorée des architectes occidentaux</b>&nbsp;: ils la connaissent, l'étudient scientifiquement pour construire un cadran solaire sophistiqué dans l'église Saint-Sulpice.</p>

<p>Plus récemment, l'un des architectes-urbanistes responsables du <a href="http://mairie11.paris.fr/mairie11/jsp/site/Portal.jsp?page_id=1138">réaménagement de la place de la République</a>, à Paris, explique son projet par des considérations d'ombre et d'ensoleillement : puisqu'on a décidé de ne laisser qu'un côté de la place aux voitures, c'est la moitié nord de la place qui deviendra piétonne, celle qui est la plus exposée à ces rayons de soleil que tous les Parisiens sont censés rechercher avec avidité dès que revient le printemps. </p>

<p>Les arbres seront toutefois préservés, au centre de la place, afin que l'ombre conserve son territoire, au moment des grandes chaleurs. </p>

<p>L'ombre n'est donc considérée de manière générale, sur la place de la République comme partout ailleurs en France, que sur un angle purement utilitaire.</p>

<p>Quels architectes, en Occident, ont réfléchi de manière approfondie à l'impact esthétique de l'ombre des toits ou des murs ? Ces effets, que Yim Seock Jae décrit de manière systématique dans le cas des temples et académies confucéennes coréens, ne sont vécus chez nous que comme des avantages pratiques (bénéficier de l'ombre d'un auvent) ou des nuisances (perdre, lors de la construction d'un immeuble de grande hauteur, l'accès direct au soleil dont on bénéficiait précédemment). </p>

<p>Je me promène ainsi dans une librairie d'architecture, à la recherche de livres consacrés à l'ombre. Je ne trouve guère qu'un essai d'Antoine Grumbach : <i>L'ombre, le seuil, la limite</i>. C'est un livre de réflexions sur l'espace juif. À côté, un ouvrage de Louis Khan porte un titre presque opposé : <i>Le Silence et la Lumière</i>. </p>

<p>La lumière, et non l'ombre, voilà bien un sujet de choix pour l'architecture occidentale : on pourrait faire l'histoire de la mise en lumière progressive des bâtiments européens, une longue narration de l'agrandissement des fenêtres dans les cathédrales gothiques et les palais de Louis XIV, de l'hygiénisme lumineux de Le Corbusier et finalement du <a href="http://www.pss-archi.eu/immeubles/FR-75056-8404.html">fantasme de l'immeuble de verre</a>, baigné et même traversé par la lumière au tournant du 21<sup>e</sup> siècle.</p>

<p><b>4) L'Occident, pourtant, a connu l'ombre</b>. Nos ancêtres vivaient dans la pénombre. </p>

<p>On rêvera ainsi, par dérogation aux principes de la muséographie moderne qui imposent un éclairage uniforme et «&nbsp;naturel&nbsp;», de voir reconstituée, dans une salle du Louvre, la lueur incertaine et flottante des chandelles d'autrefois : lorsque, vers 1562, dans le réfectoire de San Giorgio Maggiore, les moines levaient les yeux vers les immenses <i>Noces de Cana</i> accrochées au-dessus de la chaire de l'abbé, que voyaient-ils exactement&nbsp;?</p>

<p>C'est ce projet qu'a réalisé Stanley Kubrick, dans les scènes d'intérieur de <i>Barry Lindon</i>. </p>]]>
</content>
</entry>
<entry>
<title>La chaleur des orangers</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2012/02/la_chaleur_des.html" />
<modified>2012-02-07T18:49:59Z</modified>
<issued>2012-02-07T18:21:50Z</issued>
<id>tag:,2012:/1.417</id>
<created>2012-02-07T18:21:50Z</created>
<summary type="text/plain"><![CDATA[« Il fait bon, ici ! &mdash; Par un temps pareil, madame, il y a seulement deux endroits agréables à Paris : ici et le long du mur des Tuileries ! » En cette période où les gens hésitent à...]]></summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>
<dc:subject>Paris</dc:subject>
<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<div class="bloc-citation">« Il fait bon, ici !

<p>&mdash; Par un temps pareil, madame, il y a seulement deux endroits agréables à Paris : ici et le long du mur des Tuileries ! »</div></p>

<p>En cette période où les gens hésitent à sortir, où des corps enserrés dans des manteaux en couches superposées rasent les murs à grandes enjambées, un petit coin du jardin du Luxembourg connaît une affluence inattendue. </p>

<p>Vingt à vingt-cinq personnes prennent chaque jour le soleil le long de l'Orangerie du jardin du Luxembourg. On peut imaginer qu'ils resteront pendant une heure, voire tout l'après-midi, dans un lieu qui bénéficie grâce à son exposition privilégiée, pour peu que les rayons de soleil traversent les nuages, d'un étonnant climat local. </p>

<p>Le reste du jardin n'est fréquenté que par des touristes qui viennent admirer, grelottants et pressés, les volutes de glace ornant les fontaines avant d'aller commander un chocolat chaud dans quelque café du boulevard ; ici, au contraire, les gens prennent leur temps sur une rangée de sièges où les places libres sont rares. Certains lisent un livre, les mains non gantées ; d'autres ferment les yeux pour mieux absorber la lumière, comme pour parfaire encore leur bronzage. </p>

<p><img src="/images/paris/6/sieges2.jpg"></p>

<p>Voilà leur luxe : venir se réchauffer au soleil, par moins trois degrés en pleine journée, alors que partout ailleurs chacun ne parle que du froid.</p>

<p><img src="/images/paris/6/bassin.jpg"></p>]]>

</content>
</entry>
<entry>
<title>La ville décentrée</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2012/02/la_ville_dacent_1.html" />
<modified>2012-02-07T18:26:20Z</modified>
<issued>2012-02-06T21:56:42Z</issued>
<id>tag:,2012:/1.413</id>
<created>2012-02-06T21:56:42Z</created>
<summary type="text/plain">Il s&apos;agit d&apos;une ville qui a perdu son centre. Je parle d&apos;une ville générique, imaginaire, pas d&apos;une ville particulière. Les premiers furent les ateliers et les usines, qui fermèrent leurs hangars le long du canal pour rejoindre la zone industrielle....</summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>
<dc:subject>Divers</dc:subject>
<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<p>Il s'agit d'une ville qui a perdu son centre. Je parle d'une ville générique, imaginaire, pas d'une ville particulière. </p>

<p>Les premiers furent les ateliers et les usines, qui fermèrent leurs hangars le long du canal pour rejoindre la zone industrielle. Les fumées et les bruits de marteaux ont alors disparu du paysage urbain&nbsp;; ils ne reste d'eux que quelques bâtisses toujours vides auxquelles on ne prête plus attention.</p>

<p>Par la suite, les habitants de la grand'rue et des vieux immeubles de deux étages environnants sont partis les uns après les autres vers les maisons individuelles des lotissements de la périphérie. On construisait alors beaucoup, pourtant la population restait stable. </p>

<p>Puis quelques grands supermarchés se sont installés à l'entrée, c'est à dire aussi à la sortie, de la ville. À présent les commerces moyens, ceux qui vendent des vêtements ou des cycles, annoncent leur intention de quitter la place où se tenait autrefois un marché pour s'agrandir dans des locaux neufs à proximité des grands axes ou près de l'embranchement de la rocade. Car les voyageurs ne passent plus par le centre, autrefois célèbre pour ses embouteillages lors des départs en vacances.</p>

<p>Cette ville ne sera bientôt plus un organisme doté d'un cœur et d'un poumon pour insuffler la vie dans l'ensemble de l'agglomération, mais un réseau de fonctions complémentaires et de nœuds articulés. Aucun de ces n&oelig;uds ne possèdera le prestige du centre, car ils n'attireront les gens qu'à proportion de leur utilité en tant que lieu de travail, espace de shopping, machine à habiter.</p>

<p>La structure même de la ville se bouleverse sans qu'on s'en aperçoive véritablement. On ne va plus dans certaines ruelles dans lesquelles toute activité a disparu ; on oublie même qu'elles ont joué autrefois un rôle dans l'organisme urbain.</p>

<p>Les habitants viennent moins souvent au centre : pour des formalités administratives, pour se faire couper les cheveux, pour faire la fête une fois par an. Désormais, pour travailler, faire les courses ou dormir, ils circulent d'une périphérie à une autre.</p>

<p>Le centre demeure toutefois un lieu de promenade. Il conserve des boulangeries, une ou deux épiceries, quelques petits commerces, un marché. Le visiteur de passage ne se rend pas compte de cette évolution. Le centre devient même de plus en plus pittoresque et plaisant, à mesure que les maisons sont libérées de leur crépis pour révéler leur ancien appareil de briques et que les trottoirs sont élargis afin de supprimer tout partage de la chaussée entre les voitures et les piétons.</p>

<p>Les habitants de longue date, eux, perçoivent cet évidement du centre et le vivent avec fatalité.</p>]]>

</content>
</entry>
<entry>
<title>Vie longue</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2011/10/vie_longue.html" />
<modified>2011-10-10T11:22:33Z</modified>
<issued>2011-10-09T22:08:28Z</issued>
<id>tag:,2011:/1.410</id>
<created>2011-10-09T22:08:28Z</created>
<summary type="text/plain">À Bure, à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne, on fait des recherches sur les techniques d&apos;enfouissement des déchets nucléaires. On a creusé pour cela un kilomètre de tunnels à 500 mètres de profondeur. Le stockage pourrait...</summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>
<dc:subject>France</dc:subject>
<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<p>À Bure, à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne, on fait des recherches sur les techniques d'enfouissement des déchets nucléaires. On a creusé pour cela un kilomètre de tunnels à 500 mètres de profondeur.</p>

<p>Le stockage pourrait commencer dans une quinzaine d'années&nbsp;; il devrait durer au moins un million d'années. On parle par euphémisme de déchets «&nbsp;à vie longue&nbsp;». En fait aucune activité humaine au monde, sans doute, ne vise une telle échéance, à moins que l'on ne considère l'extraction des énergies fossiles qui ne se reconstitueront pas avant des centaines de millions d'années. </p>

<p>Face à de tels délais, le long terme n'est rien. Le long terme, c'est par exemple le réchauffement climatique&nbsp;; mais dans cent cinquante ans peut-être, le CO<sub>2</sub> que nous générons aujourd'hui devrait avoir disparu tout seul de l'atmosphère, si du moins nous parvenons d'ici là à réduire nos émissions. </p>

<p>À cette date, les déchets nucléaires auront à peine commencé leur immense voyage dans le temps.</p>

<p><img src="/images/divers/bure2.jpg"></p>

<p>Je savais cela avant de visiter le site de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Laboratoire_de_Bure">Bure</a>. La région avait été choisie pour ses vertus géologiques&nbsp;: un sol imperméable sur plusieurs centaines de mètres d'épaisseur&nbsp;; des couches géologiques stables depuis <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Oxfordien">150&nbsp;millions d'années</a>, qui n'ont donc aucune raison de libérer au cours du prochain million d'années tout ce que l'homme leur confiera.<br />
 <br />
Mais c'est seulement sur place que j'ai compris ce que c'était de travailler avec la géologie.</p>

<p>Si les géologues, à Bure, étudient des roches contemporaines de l'apparition des oiseaux et des plantes à fleur, leur vrai objectif n'est pas pour une fois la connaissance du passé, mais la compréhension de l'avenir de cette roche, la prédiction de son comportement pendant le prochain million d'années.</p>

<p>Ce comportement ne dépend pas seulement de la physique et de la chimie. La roche réagit aussi aux interventions de l'homme. Et à une échelle beaucoup plus brève.</p>

<p>Un kilomètre de galeries ont déjà été creusés à Bure. Dans la paroi de ces galeries on fore des alvéoles de plusieurs dizaines de mètres de longueur pour une quarantaine de centimètres d'épaisseur. Les déchets nucléaires seront stockés dans des alvéoles tels que ceux-là, conditionnés dans des conteneurs cylindriques poussés les uns à la suite des autres.</p>

<p>Or les galeries, creusées vingt à cinquante fois plus profondément que celles du métro, subissent une pression qui les amène à s'aplatir de manière visible dès les premières semaines. Une armature de métal, un coffrage en béton ne peuvent que ralentir leur destruction inéluctable. </p>

<p>Les conteneurs eux-mêmes se dégraderont, les alvéoles s'écrouleront. D'ici quelques centaines ou quelques milliers d'années, tout ceci aura disparu. Les roches se seront refermées et tous les efforts du génie civil humain auront été réduits à néant.</p>

<center><img src="/images/divers/bure3.jpg"></center>

<p>Au-delà, c'est donc des seules qualités de la roche que dépendra l'emprisonnement des déchets radioactifs. Or l'imperméabilité n'est qu'un terme approximatif. L'argilite ne bloque pas tout à fait l'humidité&nbsp;; simplement, il faut dix mille ans à une goutte d'eau pour y parcourir quelques centimètres. On calcule donc que, dans un tel milieu, les matières radioactives auront perdu leur nocivité avant d'atteindre la surface, tout en se diluant sur une large superficie.</p>

<p>C'est l'esprit du projet&nbsp;: aucune des technologies que maîtrise l'homme n'est capable de retenir des matières radioactives pendant un million d'années, seule la nature elle-même, plus ancienne et moins changeante que nos techniques et nos civilisations, en sera capable. </p>

<p>Il aurait été beaucoup plus simple d'enfouir les déchets juste après le forage d'une galerie et de refermer immédiatement celle-ci avant d'en creuser une autre pour les prochains déchets. Mais un second choix a été fait en France&nbsp;: le stockage ne doit pas être tout de suite définitif. Pendant une centaine d'années, il doit être possible de récupérer les matières radioactives. Car peut-être aura-t-on réussi à mettre au point une technique, par exemple la transmutation, pour rendre ces déchets moins nocifs et de ne pas avoir à les glisser sous le paillasson de la croûte terrestre comme on s'apprête à le faire.</p>

<p>Ce choix a des conséquences. À partir de 2025 et pendant une centaine d'années, les galeries du centre de stockage contiendront des déchets radioactifs qui ne seront pas totalement isolés du monde extérieur. Il faudra ventiler ces galeries pour éviter que la chaleur ne s'y accumule. Les conteneurs devront résister à leur propre contenu pendant toute cette durée. Le site devra être surveillé en permanence.</p>

<p>Et en 2125, si notre civilisation ou la suivante a su mener à bien ce projet, le site de stockage sera fermé, les galeries obstruées au moyen des déblais qui sont actuellement conservés à proximité du puits.</p>

<p>À ce moment seulement les déchets entreront «&nbsp;dans l'éternité&nbsp;».</p>

<p><i>Into Eternity</i>&nbsp;: c'était le titre du documentaire de Michael Madsen consacré il y a quelques mois à la construction du centre de stockage de déchets nucléaires finlandais.</p>

<p>Le film insistait particulièrement sur l'absence de garantie que l'on peut avoir à ces échelles de temps. Comment avertir une civilisation future du danger qui se trouve à cet endroit ? </p>

<p>Ou faut-il justement éviter de l'avertir, pour qu'elle ne soit pas tentée de se l'approprier, soit par curiosité, soit par volonté de nuire ?</p>

<p>À Bure et dans les centres de stockage de déchets nucléaires à vie plus courte, l'<a href="http://www.andra.fr/pages/fr/menu1/l-andra/1969---1991---les-origines-6720.html">ANDRA</a>, l'organisme auquel cette tâche a été confiée, <a href="http://www.andra.fr/pages/fr/menu1/les-solutions-de-gestion/se-souvenir-19.html">réfléchit</a> aux moyens de conserver la mémoire du site sur plusieurs siècles, voire plusieurs millénaires&nbsp;; papier permanent, capable de conserver notre écriture pendant des siècles, institutions susceptibles de survivre aux changements de régime.</p>

<p>Il est techniquement possible de créer les supports qui conserveront la mémoire d'un site. Mais comme le conclut l'ANDRA&nbsp;: «&nbsp;La principale question reste la préservation du sens de cette mémoire&nbsp;».</p>

<p><img src="/images/divers/bure1.jpg"></p>]]>

</content>
</entry>
<entry>
<title>La montagne au bout des roues</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2011/10/la_montagne_au.html" />
<modified>2011-10-04T23:21:04Z</modified>
<issued>2011-10-04T06:50:49Z</issued>
<id>tag:,2011:/1.408</id>
<created>2011-10-04T06:50:49Z</created>
<summary type="text/plain"><![CDATA[Le col du Galibier, à 2&nbsp;650 mètres d'altitude, est l'une des routes goudronnées les plus élevées de France. Depuis Saint-Jean-de-Maurienne, le dénivelé est l'un des plus importants que l'on puisse trouver sur la carte&nbsp;: 2&nbsp;100 mètres en 48 kilomètres, longue...]]></summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>
<dc:subject>France</dc:subject>
<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<p>Le <a href="http://maps.google.com/maps?q=col+du+Galibier&ll=45.063124,6.406875&spn=0.0092,0.013325&hq=col+du+Galibier&t=h&z=16&vpsrc=0">col du Galibier</a>, à 2&nbsp;650 mètres d'altitude, est l'une des routes goudronnées les plus élevées de France. Depuis Saint-Jean-de-Maurienne, le dénivelé est l'un des plus importants que l'on puisse trouver sur la carte&nbsp;: 2&nbsp;100 mètres en 48 kilomètres, longue montée interrompue pendant cinq kilomètres seulement entre le col du Télégraphe et le village de Valloire.</p>

<p>Ce 30 août en début d'après-midi, je pose mon vélo au sommet du col parmi une foule de touristes et de cyclistes. Le soleil brille sans brûler. Les appareils photo tentent de capter l'immensité d'un paysage qui s'étend à droite et à gauche, devant et derrière, vers le haut comme vers le bas. </p>

<p>Depuis le col, la vue plonge dans les vallées, remonte vers les sommets, ondule entre une montagne proche et la suivante, plus lointaine, plus élevée.</p>

<p>La plaine est invisible, la forêt elle-même est trop éloignée&nbsp;: seuls restent, à perte de vue, les rochers et les pics. La pierre a éliminé les arbres et règne sur le paysage ; pour la quitter il faudrait monter encore de 1&nbsp;000 ou 1&nbsp;500 mètres vers le sud, rejoindre les glaciers de la Meije et des Écrins.</p>

<p>Les montagnes de roche se découpent à l'infini&nbsp; sur l'horizon. Plus près, à l'échelle de l'homme, les rochers deviennent pierres, cailloux, poussière. Mais le caillou forgé par l'érosion prend la même forme que le pic et reproduit les mêmes dentelures. Le paysage n'est pas très différent pour la marmotte et pour l'aigle.</p>

<p>Dans cette roche où la vie est si peu présente, les routes et les maisons, les voitures et les cyclistes impriment la marque de l'homme. Quelques semaines plus tôt <a href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2011/10/journal_de_norv.html">en Norvège</a>, j'avais vu une nature ignorante de l'homme&nbsp;: ici les panneaux d'information touristique, les bars-restaurants, les boutiques de souvenirs et les granges rappellent que ce paysage est habité par l'homme.</p>

<p>Pendant la montée vers le Galibier, si longue et si pentue, le coureur se promet qu'il s'arrêtera, lors de la descente, à chacun de ces points de vue et dans chacun de ces lieux-dits ; quel plaisir ce sera d'acheter du fromage dans cette ferme, de prendre un verre, non, un plat entier dans ce bar-restaurant, de fixer sur son appareil-photo toutes ces vues si intéressantes ! D'ailleurs, en redescendant il boira rapidement, sans souci de la préserver, toute l'eau qui lui reste et il mangera ses biscuits sans craindre l'indigestion. Peut-être même s'arrêtera-t-il pour bavarder avec le photographe installé dans un lacet, qui court après chaque cycliste et motard pour lui donner le nom du site Web sur lequel il vend ses photos.</p>]]>
<![CDATA[<p>Or, une fois au sommet, ayant atteint le terme d'un effort qui, jusque-là, n'était que partiel, ayant contemplé et photographié depuis un point unique la totalité d'un paysage dont il n'avait jusque-là pu voir, lacet après lacet, que quelques éléments, dominé l'ensemble de la route qu'il vient de parcourir et sur laquelle, loin en contrebas, il avait pris toutes ces résolutions, à ce moment il ne pense plus guère qu'à revenir chez lui aussi rapidement que la nécessaire prudence de la descente le lui permet&nbsp;: tout à été fait, tout a été vu, le sommet à lui seul contient l'ensemble du voyage. Pourtant il s'arrêtera bien de temps en temps, parce que le soleil a commencé à descendre et que parfois les rochers luisent comme un torrent, invitent à l'arrêt (le touriste toujours craint d'avoir manqué un point de vue intéressant) ; il essaiera de visiter les villages, trouvera porte fermée à l'église de Valloire, pénétrera dans celle de Saint-Michel-de-Maurienne aux étonnantes parois peintes, renoncera au musée de l'aluminium parce que l'heure de la fermeture approche.</p>

<p>Le cycliste voit le paysage mieux que l'automobiliste car sa vue n'est pas bloquée par l'armature de la carrosserie. Mais il ne peut s'arrêter tout le temps et sa vitesse, même modérée, l'empêche de se retourner sans cesse comme le piéton curieux : il ne fait malgré tout que passer. Son contact est moins physique que celui du promeneur. Le paysage demeure extérieur et ne fait pas partie de la vie du cycliste comme de celle de l'habitant. Le cycliste est un touriste.</p>

<p><img src="/images/france/maurienne2011/galibier-1.jpg" /></p>

<p><img src="/images/france/maurienne2011/galibier-4.jpg" /></p>

<p><img src="/images/france/maurienne2011/galibier-3.jpg" /><br />
<!--<br />
<img src="/images/france/maurienne2011/galibier-2.jpg" /> --></p>

<p>En mettant pied à terre au sommet, en séparant mon corps de la machine en métal qui le soutenait, j'ai découvert en moi la chair, la démarche, les douleurs d'un homme de 80 ans. Chaque mouvement révélait la présence de muscles et d'organes qui habituellement fonctionnent en toute discrétion.</p>

<p>J'étais déçu, mais pas tellement, d'avoir dû m'arrêter à deux reprises dans les derniers kilomètres. Une fois à cinq kilomètres de l'arrivée <a href="http://maps.google.com/maps/myplaces?ll=45.080644,6.426081&spn=0.001102,0.001996&sll=45.170348,6.40986&sspn=0.212369,0.12884&mpa=0&ctz=-120&mpf=0&doflg=ptk&t=h&z=19&vpsrc=6&layer=c&cbll=45.080644,6.426081&panoid=4rsgONCiCb16ezsshIzbWw&cbp=12,227.78,,0,19.11">après un petit pont</a>, une seconde fois <a href="http://maps.google.com/maps/myplaces?ll=45.067675,6.408945&spn=0.001112,0.001996&sll=45.170348,6.40986&sspn=0.212369,0.12884&mpa=0&ctz=-120&mpf=0&doflg=ptk&t=h&z=19&vpsrc=6">juste avant le dernier kilomètre</a>. Déception mesurée, car mon vieux <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9lo_tout_chemin">vélo</a>, trop lourd, guère entretenu, fait pour tout sauf pour la course, me fournissait une excuse toute prête ; regret ténu, tout de même, qu'il faudra combattre.</p>

<p>Chaque fois, bien sûr, j'étais reparti, porté par la nécessité. Car dans une montagne où la vue porte loin, aucun demi-tour n'est envisageable tant que l'on n'a pas atteint un col, un sommet, un point de vue, une cible. Tant que l'on sait que la vue sera toujours plus vaste un peu plus loin, qu'après ce virage sera dévoilée une part encore plus exhaustive de la montagne, on continue à suivre le chemin. Le cyclisme, comme la course à pied, consiste à poursuivre des objectifs successifs ; il est toujours difficile de ne pas en atteindre un.</p>

<p>Il y a cinq ans, j'essayais de décrire ici <a href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2006/09/comment_grimper_1.html">ce que représente l'ascension d'un col à vélo</a>. C'était une histoire optimiste&nbsp;: il suffisait au cycliste rationnel et maître de lui de régler sa vitesse et son alimentation pour parvenir, au fil des heures, à escalader les plus hautes cimes. C'était un voyage. Un an auparavant, j'avais aussi évoqué <a href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2005/04/marathon_de_par.html">la longue souffrance du marathon</a>. Les 42 kilomètres de montée vers le Galibier, surtout à travers le gigantesque champ de bataille de rochers préhistoriques qui sépare Valloire du sommet, ce n'était plus un voyage ; ce fut un marathon.</p>

<p>En passant devant le panneau qui indiquait que l'arrivée n'était plus qu'à quatre kilomètres et que l'altitude, juste à cet endroit, devant cette pierre même, était précisément de 2&nbsp;315 mètres, quelque chose au fond de mon corps a songé et prononcé à voix haute ces mots&nbsp;: « C'est énorme ! » &mdash; et j'ai été pris d'un fou rire tout en continuant à pédaler. </p>

<p>C'était énorme d'être déjà monté aussi haut, d'avoir dépassé le Tourmalet en partant de plus loin dans la vallée... Plus tard, devant le panneau du dernier kilomètre, au moment de choisir les lacets de gauche vers le sommet plutôt que le tunnel à droite qui le traverse et l'évite, mon corps a eu la même réaction ; mais rien ne ressemblait plus à des sanglots que ce fou rire. Longtemps après au sommet, la montagne entière étendue devant mes pieds, le corps épuisé, libéré, continuait à échapper parfois au contrôle de l'esprit ; à présent le rire avait disparu.</p>

<p>Il a bien fallu redescendre, par le même chemin. Filant à travers le vent, le K-Way sur les épaules, il restait de tout cela une certaine honte à progresser à présent aussi facilement sur le bandeau noir de la route, alors que d'autres cyclistes, identiques à moi, montaient toujours à pas de loup, le visage crispé. Certains coureurs allaient plus vite que d'autres, certains souffraient plus, mais pour aucun, je le sais, cette montée n'était facile : cette égalité dans la douleur fonde (provisoirement, car elle ne dure qu'une seconde, le temps d'échanger un regard ou de se dire bonjour) leur camaraderie.</p>

<p><img src="/images/france/maurienne2011/galibier-velo-2.jpg" /><br />
<!--<br />
<img src="/images/france/maurienne2011/galibier-velo.jpg" /> --><br />
</p>]]>
</content>
</entry>
<entry>
<title>Journal de Norvège</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2011/10/journal_de_norv.html" />
<modified>2011-10-04T14:51:29Z</modified>
<issued>2011-10-02T16:21:44Z</issued>
<id>tag:,2011:/1.409</id>
<created>2011-10-02T16:21:44Z</created>
<summary type="text/plain">16 août. Partant de l&apos;aéroport d&apos;Oslo, par la voie express qui traverse en souterrain le centre d&apos;Oslo, ce n&apos;est qu&apos;au bout de plusieurs dizaines de kilomètres, la pluie s&apos;étant arrêtée, que l&apos;horizon se dégage et qu&apos;on a enfin l&apos;impression d&apos;être...</summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>
<dc:subject>Europe</dc:subject>
<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<p><b>16 août.</b></p>

<p>Partant de l'aéroport d'Oslo, par la voie express qui traverse en souterrain le centre d'Oslo, ce n'est qu'au bout de plusieurs dizaines de kilomètres, la pluie s'étant arrêtée, que l'horizon se dégage et qu'on a enfin l'impression d'être entré en Norvège.</p>

<p>Le pays, dans les vallées du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Comt%C3%A9_de_Telemark">Telemark</a> à l'est d'Oslo, prend alors un premier visage&nbsp;: celui des maisons en bois.</p>

<p>Couleur rouge, forme élémentaire de parallélépipède avec un toit à deux pans&nbsp;: cette simplicité met en valeur l'unique motif décoratif représenté par les fenêtres à grands carreaux soulignées par des montures blanches. </p>

<p>Ornées plus que protégées par de jolis rideaux, elles exposent, comme c'est souvent le cas dans les pays situés au nord de la France, des pots de fleur ou des petits objets destinés à être vus de l'extérieur.</p>

<p>Le bois, c'est aussi celui des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Stavkirke">églises dites « en bois debout »</a> (<i>stavkirke</i>). La plus vaste d'entre elles, <a href="http://maps.google.com/maps/ms?msid=209624461999840328023.0004a8098136a35bb3433&msa=0&ll=59.578759,9.174174&spn=0.000011,0.008658">l'église en bois debout de Heddal</a>, apparaît dès le premier jour au bord de la route. Un complexe agencement de pans de façade et d'avant-toits l'assied solidement sur le sol tout en élevant sa cime vers le ciel.</p>

<p>C'est enfin le bois de ces petites cabines sur pilotis, joliment décorées, qui accompagnent la plupart des maisons. Il s'agit à l'origine de garde-mangers, transformés plus tard en habitations ou en débarras.</p>

<p>La route, s'enfonçant toujours plus vers l'est, commence alors à traverser de superbes forêts de conifères et à longer des lacs apaisés en arrivant au village isolé de Rauland.</p>

<p><img src="/images/europe/norvege/hedda.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/garde-manger.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/rauland.jpg"></p>

<p><b>17 août</b></p>

<p>Il faut 300 kilomètres pour rejoindre Bergen depuis Rauland&nbsp;: les distances sont rarement courtes en Norvège.<br />
</p>]]>
<![CDATA[<p>Dès le départ, au bord de la route, le soleil du matin transfigure un lac à l'eau parfaitement plane&nbsp;: miroir parfait, il reflète, comme une peinture hyperréaliste, le ciel et les montagnes avec leurs forêts et leurs maisons. Les rochers ne dépassent plus de l'eau mais <a href="http://noozone.free.fr/noocrypte/viewtopic.php?t=634">flottent dans les airs</a>.</p>

<p><a href="/images/europe/norvege/lac-totak-grande.jpg"><img border=0 src="/images/europe/norvege/lac-totak.jpg"></a></p>

<p>Fragile illusion... Car à une autre saison, sous un ciel différent, <a href="http://maps.google.com/maps?q=rauland,+norway&hl=fr&ll=59.758816,7.791367&spn=0.05343,0.136986&sll=37.0625,-95.677068&sspn=42.495706,70.136719&vpsrc=6&t=h&z=13&layer=c&cbll=59.758839,7.791142&panoid=LyRVlBpqRY-xMHv5giJMOA&cbp=12,165.68,,0,13.09">Google Maps</a> ne voit ici qu'un paysage triste et froid.</p>

<p>Désormais, la Norvège se résumera à quelques éléments de base&nbsp;: d'une part l'immense étendue rocheuse des montagnes vertigineuses et impénétrables, d'autre part les grandes étendues d'eau planes.</p>

<p>Le paysage typique, presque unique dans ce pays, tel qu'on le voit depuis la route ou le ferry, c'est un lac qui sert de support à une fine ligne de maisons écrasées par la masse gigantesque des montagnes, elles-même coiffées (et en réalité, écrasées lentement, ce qui leur donne, à l'opposé des pics acérés des Alpes françaises, la forme arrondie des montagnes de la peinture chinoise) par la calotte d'un glacier, en grande partie invisible.</p>

<p>Parfois on apercevra en effet, tout en haut, les extrémités, en forme de langue, de l'énorme étendue de glace qui  les recouvre et les sculpte, aplanit les sommets avant de se glisser dans leurs anfractuosités, d'y fondre et de jaillir finalement en cascade dans les fjords et les lacs&nbsp;: après avoir couvert les montagnes, l'eau des glaciers finit par occuper le fond des vallées.</p>

<p>Dans ce pays, l'eau, et non la terre ferme, est propice aux déplacements humains. Les habitants de ce pays, meilleurs marins du monde à l'époque des Vikings, n'auront atteint la même maîtrise des routes continentales que mille ans plus tard, ayant appris pour cela à percer <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Tunnel_de_L%C3%A6rdal">les plus longs tunnels du monde</a>.</p>

<p><img src="/images/europe/norvege/kinsarvik.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/sorfjord.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/buarbreen.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/souterrain.jpg"></p>

<p>Dans des espaces aussi vastes et inébranlables, les petites maisons norvégiennes ne font pas sérieux. </p>

<p>Avec leurs parois de bois ou imitant le bois, elles paraissent trop légères pour résister au vent, trop fines pour protéger du froid. Posées dans le paysage, au fond des collines ou sur les pentes lorsqu'y passe une route, elles ne s'inscrivent pas dans une organisation d'ensemble&nbsp;: elles pourraient être ici ou ailleurs, peu importe. </p>

<p>Les villages ne semblent pas avoir de centre, ce qui désoriente le voyageur. Dans la campagne, les parallépipèdes peints de couleurs assez vives tranchent sur l'herbe verte et leur taille est hors de proportion avec la masse formidable de la montagne qui les surplombe. Elles ne construisent pas un paysage en harmonie avec les arbres et les collines comme au Pays basque ou en Toscane. La nature en Norvège, n'est pas à la mesure de l'homme.</p>

<p><img src="/images/europe/norvege/gudvangen.jpg"></p>

<p>Le long d'un fjord, des étals de fruits, dans une région célèbre pour ses cerises et ses pommes, attirent le touriste affamé&nbsp;: il hésite, pourtant, car il ne voit aucun vendeur pour accueillir les clients.</p>

<p>Il finit pourtant par s'arrêter. Les barquettes de fruits sont exposées sur une table de bois, le prix est indiqué. Il n'a qu'à se servir et partir&nbsp;: après avoir glissé quelques pièces dans une boîte en fer, bien sûr, mais personne n'est là pour vérifier qu'il a payé &mdash; mieux, il pourrait facilement partir en emportant la recette du matin. On supposera que le propriétaire vient de temps en temps vider sa cassette et rajouter des fruits. On constatera surtout que ce pays n'a pas peur de faire confiance. Ainsi les particuliers qui louent un appartement ou une cabine par Internet ne demandent-ils pas d'acompte ou de numéro de carte de crédit&nbsp;: plusieurs fois au cours de ce voyage nous pourrions, sans avoir même à nous cacher véritablement, nous éclipser sans payer au matin.</p>

<p>Ou peut-être le travail des citoyens les plus riches du monde est-il si coûteux qu'il est plus économique de parier sur l'honnêteté des touristes ? Nous nous verrons, dans des cafés, obligés de nous servir nous-mêmes dans une cafetière le café que nous avons payé au même prix que dans un café chic parisien. Or les distributeurs automatiques, très nombreux, sont souvent marqués « Out of service »&nbsp;: est-ce, là aussi, la conséquence du prix élevé des services de réparation ?</p>

<p><b>18 août</b>.</p>

<p>Parenthèse urbaine à Bergen, avec la surprise de retrouver, le 17 au soir, la concentration de vies et de stimulus d'une grande ville, tandis que les échos d'un <a href="http://fr.m.wikipedia.org/wiki/The_Loud_Tour_(Tournée)">concert de Rihanna</a> s'élèvent depuis le port.</p>

<p>Bergen est une ville hanséatique. La visite du musée du même nom, en fait une simple maison de marchand qui montre dans quel relatif inconfort vivaient, comme des moines (célibataires, en communauté et limités à des relations codifiées avec l'extérieur), les marchands de la Hanse.</p>

<p>S'impose également le passage dans le quartier hanséatique, accumulation de maisons anciennes sur un espace restreint.</p>

<p>Tout ceci est intéressant mais ne surprend pas tant que cela le touriste européen, accoutumé aux vestiges du Moyen Âge et de la Renaissance. Pas plus qu'il n'est enthousiasmé de payer très cher dans un supposé marché aux poissons un plat qu'il aurait aussi bien pu consommer, plus confortablement, dans un restaurant.</p>

<p>C'est, encore une fois, en se confrontant à l'exubérance de la géologie que le touriste trouve son plaisir&nbsp;: ainsi la spectaculaire ascension en funiculaire le mène-t-elle vers un promontoire offrant une extraordinaire vue sur un port qui s'étend sur plusieurs bras de mer. Mais le grand large, lui, demeure invisible, inaccessible, caché quelque part au-delà du labyrinthe des îles et des golfes.</p>

<p>En fin d'après-midi, la ville s'anime de la déambulation de nombreux groupes d'étudiants. Juste avant la rentrée des classes, ils se retrouvent pour, semble-t-il, faire connaissance. Chaque groupe porte un costume distinctif&nbsp;: diables rouges, baigneurs..., et marche dans la rue, sans ordre ni programme, en criant et en chantant, guidé toutefois par un ou deux meneurs. Se dirigent-ils vers quelque bizutage ? Ou ce pays qui organise des défilés pacifiques le jour de la fête nationale a-t-il su également civiliser les rites de rencontre de ses étudiants, restés chez nous au stade d'une certaine <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bizutage">barbarie</a> ?</p>

<p><img src="/images/europe/norvege/bergen-pente.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/bergen-hanseatique.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/bergen-funiculaire.jpg"></p>

<p><b>19 août</b></p>

<p>Mon hypothèse est que les maisons ne sont pas conçues pour faire partie du paysage, comme en Toscane, mais pour en profiter. Nulle harmonie particulière, en effet, dans les chapelets de maison qui suivent les routes, avec leurs formes carrées et leurs couleurs vives, nul rapport avec la placidité mystérieuse des fjords qu'elles dominent ou avec la masse incommensurable des montagnes sur lesquelles elles s'accrochent.</p>

<p>En revanche, l'emplacement de ces maisons, sur une corniche, au bout d'une presqu'île, semble révéler chez leurs occupants la volonté de capter la meilleure vue possible sur le fjord, sur la vallée ou sur le massif montagneux.</p>

<p>Mais si chaque maison dispose ainsi de la meilleure vue possible, il en découle nécessairement qu'elle est également visible de partout. Chaque habitant aperçoit donc les maisons de ses concitoyens, aussi bien proches que relativement lointains. À la limite, chaque habitant d'une vallée pourrait, avec des jumelles, savoir ce que fait chacun des autres habitants du même village et des villages environnants, comment il aménage sa maison, à quel endroit il se rend par les routes tortueuses.</p>

<p><img src="/images/europe/norvege/maisons.jpg"></p>

<p><b>20 août</b><br />
Superbe balade jusqu'au bout du Brigsdalbreen, qui est en fait l'une des multiples langues par lesquelles le plus grand glacier d'Europe manifeste sa présence aux humains, seuls les alpinistes et les aviateurs pouvant véritablement contempler le glacier dans toute son étendue, étalé sur les montagnes comme une couverture.</p>

<p><img src="/images/europe/norvege/brigsdal-1.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/brigsdal-4.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/brigsdal-3.jpg"></p>

<p>Plus loin, sur la route de Geilanger, un détour par la route 258 offre un extraordinaire parcours d'une trentaine de kilomètres dans les rochers, au fond d'une cuvette rocheuse démesurée. Les deux parois montagneuses de part et d'autre de la route, presque verticales au sommet, qui se couvrent d'alluvions lorsque la pente décroît, me rappellent la Vallée de la Mort. La Norvège est l'une de ces régions du monde où les paysages s'élargissent à une dimension que l'homme des plaines tempérées ne peut vraiment imaginer, une dimension qui est celle de l'atmosphère&nbsp;: les montagnes enveloppent mais sont trop larges et vastes pour enserrer. </p>

<p><img src="/images/europe/norvege/vieilleroute-pano.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/vieilleroute-1.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/vieilleroute-2.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/vieilleroute-3.jpg"></p>

<p>À Geilanger, nous raterons de peu le ferry touristique mais nous nous rattraperons en louant une barque à moteur pour aller visiter, au ras de l'eau, en toute liberté, seuls au pied des montagnes sillonnées ici et là de cascades interminables, sous la pluie, l'un des plus célèbres et des plus sauvages fjords norvégiens.</p>

<p><img src="/images/europe/norvege/geilanger.jpg"></p>

<p><b>21 août</b><br />
Après Geilanger, nous reprenons peu à peu la route du sud, non sans traverser encore, presque à court d'essence, des étendues désolées.</p>

<p>Le ciel n'est plus comme dans les premiers jours une étendue ouverte, peuplée par des nuages dont le reflet habite les lacs, mais un plafond sombre et triste, à l'image des plateaux de roc et de sable sur lesquels glisse la voiture.</p>

<p><img src="/images/europe/norvege/leirdalen-1.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/leirdalen-2.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/leirdalen-3.jpg"></p>

<p>Il suffit pourtant de redescendre dans la vallée, ce jour et le suivant, pour retrouver la profonde humanité des églises en bois debout.</p>

<p>Comme les églises romanes d'Auvergne, elles sont constituées de plusieurs étages superposés&nbsp;: formes complexes, à laquelle une profonde harmonie donne pourtant l'apparence de la nécessité.</p>

<p>Dans ce pays où les proportions de la nature dépassent ce qui peut réellement être saisi par les sens humains, les églises en bois debout sont, au contraire, pleinement à la mesure de l'homme qui peut les embrasser du regard et à la portée du touriste qui peut, à la différence des paysages de montagne, les enclore sans peine dans l'objectif de son appareil photo.</p>

<p><br />
<img src="/images/europe/norvege/lomme.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/heddal-2.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/heddal-3.jpg"></p>

<p><!--<br />
<img src="/images/europe/norvege/eglise.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/lomme-2.jpg"><br />
--><br />
<b>22 août</b></p>

<p>Arriver à Oslo, capitale européenne, c'est comme se retrouver à la maison. Comme tous les soirs, le soleil ne descend que très lentement sur l'horizon et laisse tout le temps pour retrouver la familiarité des rues bordées d'immeubles, des reflets du jour finissant sur les façades et du plaisir de la déambulation. </p>

<p>La promenade dans Oslo donne le plaisir de retrouver la concentration de vie et d'évènements de la grande ville et celui de la découverte d'une nouvelle capitale &mdash; libérés des contraintes de route à parcourir qui obscurcissaient toujours légèrement, en arrière-plan, le plaisir des jours précédents.</p>

<p><img src="/images/europe/norvege/oslo-1.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/oslo-2.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/oslo-3.jpg"></p>

<p><b>23 août</b></p>

<p>De l'architecture d'Oslo on retiendra surtout le nouvel Opéra, sur la baie. Sa silhouette sera certainement, dans les années à venir, le symbole de la ville&nbsp;: son toit incliné est d'ores et déjà un magnifique lieu de promenade pour contempler la ville comme les navires approchant par le fjord.</p>

<p>Nous passons également à la Cinémathèque, où sur trois murs d'une seule salle est réunie la mémoire de l'intégralité du cinéma national&nbsp;: une image pour chaque film produit en Norvège depuis les origines.</p>

<p>Le centre d'Oslo, le lieu de l'émotion pour tous les Norvégiens, c'est toutefois un bâtiment sans grand intérêt architectural, sa cathédrale. Il y a un mois et un jour, dans un pays qui ne compte pas cinquante morts violentes par an, un homme tentait de faire disparaître, en l'espace de deux heures, une bonne partie de l'élite politique actuelle et surtout future.</p>

<p>J'ai vu, <a href="http://www.thbz.org/bloc-notes/archives/2004/01/le_trou_du_worl.html">en septembre 2002</a>, des centaines de pancartes et objets de mémoire accrochés aux grilles de l'église la plus proche de l'emplacement du World Trade Center à New York. De la même manière la cathédrale d'Oslo, depuis un mois, est devenue un monument à la mémoire des victimes du 22 juillet, un témoignage du souvenir du peuple norvégien. De son passage rapide, le touriste retient la sensation d'une très grande <i>justesse</i>&nbsp;: c'est précisément ceci qu'il fallait faire &mdash; ces fleurs et ces inscriptions étaient la meilleure manière de manifester un souvenir.</p>

<p><img src="/images/europe/norvege/oslo-opera.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/oslo-5.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/norvege/oslo-4.jpg"></p>]]>
</content>
</entry>
<entry>
<title>La vitesse de l&apos;éclair</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2011/06/la_vitesse_de_l_1.html" />
<modified>2011-06-19T09:44:47Z</modified>
<issued>2011-06-19T09:30:09Z</issued>
<id>tag:,2011:/1.400</id>
<created>2011-06-19T09:30:09Z</created>
<summary type="text/plain">... non seulement la vitesse, mais aussi la forme de l&apos;éclair et son parcours dans le ciel. Le déploiement : L&apos;éclair est ruisseau, serpent, langue de caméléon, mais aussi explosion, big bang. C&apos;est une faille fine qui découpe le ciel...</summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>
<dc:subject>Divers</dc:subject>
<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<p>... non seulement la vitesse, mais aussi la forme de l'éclair et son parcours dans le ciel.</p>

<p><b>Le déploiement</b> :<br />
<center><img border=0 src="/images/divers/orage/deploiement-cadre.jpg"></center></p>

<p>L'éclair est ruisseau, serpent, langue de caméléon, mais aussi explosion, big bang. C'est une faille fine qui découpe le ciel et un grand blanc qui aveugle le spectateur, insaisissable : soit parce qu'il va trop vite, soit parce qu'il est trop lumineux. </p>

<p>Dans un ciel apparemment sans obstacle, où la ligne droite, celle qu'empruntent l'avion ou l'oiseau, semble être le chemin le plus simple pour aller d'un endroit à un autre, l'éclair choisit au contraire un parcours tortueux, complexe, imprévisible. </p>

<p>Pourtant, il ne marche pas au hasard comme un ivrogne, mais oriente clairement son cours vers un objectif, qu'il atteint après de nombreux détours. Sa démarche ne paraît aléatoire qu'à des êtres attachés au visible ou à la gravité, alors qu'elle est déterminée par d'autres grandeurs physiques : accumulation d'électricité statique, différences de potentiel électrique. Les conditions d'électrisation du nuage définissent un parcours localement aléatoire, globalement dirigé vers une zone de charge opposée. </p>

<p><b>L'embrasement</b> :<br />
<center><img border=0 src="/images/divers/orage/embrasement-cadre.jpg"></center></p>

<p><b>Le grand blanc </b>(si rapide que le spectateur n'en a guère conscience. Pourtant l'espace a bien été empli de lumière ainsi) :</p>

<center><img border=0 src="/images/divers/orage/blanc-cadre.jpg"></center>

<p><b>Le reflux </b>:</p>

<center><img border=0 src="/images/divers/orage/retractation-cadre.jpg"></center>

<p>Le reflux laisse apparaître plusieurs traînées. Sans doute la décharge a-t-elle emprunté, presque simultanément, tous les chemins qui lui offraient la résistance la plus faible pour atteindre sa cible.</p>

<p><b>La traînée </b>:</p>

<center><img border=0 src="/images/divers/orage/trainee-cadre.jpg"></center>

<p><b>Une reprise </b>:</p>

<center><img border=0 src="/images/divers/orage/reprise-cadre.jpg"></center>

<p>Ce tracé est imprévisible dans ses petits virages et dans ses ramifications infimes ; pourtant celui qui mesurerait le potentiel électrique des nuages pourrait en prédire la direction générale. Ainsi, le long de la mer, chaque caillou s'inscrit-il, en la déviant et la recourbant sans cesse, dans la ligne générale du rivage.  </p>

<p>Inaccessible à la photographie, aveuglée en pose longue par le surgissement central de la lumière, l'éclair apparaît en revanche sur la vidéo :</p>

<p><a href="/images/divers/orage/orage-montage-1600.jpg"><img border=0 src="/images/divers/orage/orage-montage-petit.jpg"></a><br />
<small>(cliquez sur l'image pour la voir en grand)</small></p>

<p>En moins d'une seconde l'éclair trace son chemin, traverse le ciel, l'emplit complètement et se replie.</p>

<center><iframe style="border: 1px black solid;" width="425" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/3z_hxavykqY" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center>

<div style="align:right">(Paris, orage du 5 juin 2011.)</div>]]>

</content>
</entry>
<entry>
<title>Paysage minimaliste</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2011/06/paysage_minimal.html" />
<modified>2011-06-12T18:38:00Z</modified>
<issued>2011-06-12T18:12:55Z</issued>
<id>tag:,2011:/1.401</id>
<created>2011-06-12T18:12:55Z</created>
<summary type="text/plain">Dans une exposition du Grand Palais sur le paysage à Rome au XVIIe siècle, qui vient de se terminer, on pouvait voir, accrochés sur le mur de droite, trois petits tableaux de Goffredo Wals. Leur simplicité extrême m&apos;a intrigué. Parmi...</summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>

<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<p>Dans une exposition du Grand Palais sur le paysage à Rome au XVII<sup>e</sup> siècle, qui vient de se terminer, on pouvait voir, accrochés sur le mur de droite, trois petits tableaux de Goffredo Wals. Leur simplicité extrême m'a intrigué.</p>

<p>Parmi les trois tableaux il y avait celui-ci :</p>

<p><img src="/images/divers/arts/goffredo-wals/les-murs-de-rome-cadre.jpg"><br />
<div style="text-align:right"><i>Les murs de Rome</i>, National Gallery, Londres</div></p>

<p>Composition oblique à gauche puis horizontale à droite, dirigée par les tours et les murs. Le nuage répète et amplifie la forme de l'arbre qui étrangement croît sur la tour d'angle. Les personnages ne sont guère plus que des poussières à la surface du tableau ; peut-être ne sont-ils là que pour attester que ce décor n'est pas une simple maquette.</p>

<p>La sobriété géométrique éloigne le tableau de toute référence réelle, mais l'absence de beauté évidente écarte l'hypothèse du paysage idéal. Rien ne semble expliquer pourquoi le peintre a voulu représenter un tel lieu. </p>

<p>Reste l'interprétation un peu facile : on dirait un tableau abstrait.</p>

<p>Interprétation anachronique et pourtant renforcée par un autre petit tableau de Goffredo Wals (ce nom pourrait être le pseudonyme d'un faussaire ; pourtant, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Goffredo_Wals">Goffredo Wals</a> a réellement existé) accroché dans le cadre de cette exposition, étonnante composition circulaire qui ne ressemble guère à une route de campagne :</p>

<p><img src="/images/divers/arts/goffredo-wals/route-de-campagne-et-maison-500.jpg"><br />
<div style="text-align:right"><i>Route de campagne et maison</i>, Kimbell Art Museum, Fort Worth (Texas)</div></p>

<p>Alors que la peinture de paysage dégage en principe des perspectives depuis le premier plan (arbre) jusqu'à l'infini bleuté de l'horizon, Wals clôt son paysage par un mur (<i>Les murs de Rome</i>) ou l'étrangle dans une perspective en entonnoir (<i>Route de campagne et maison</i>).</p>

<p>Même si les notices indiquent que Wals est un héritier d'<a href="http://www.google.fr/search?q=Adam+Elsheimer&tbm=isch&biw=1011&bih=670">Adam Elsheimer</a>, la sobriété géométrique de ces tableaux me paraît détonner dans la peinture classique.</p>

<p>Goffredo Wals a encore peint d'autres paysages :</p>

<p><br />
<img src="/images/divers/arts/goffredo-wals/paysage-avec-figures-pastorales-500.jpg"><br />
<div style="text-align:right"><i>Paysage avec figures pastorales</i>, Metropolitan Museum, New York</div></p>

<p><img src="/images/divers/arts/goffredo-wals/paysage-romain-avec-personnages.jpg"><br />
<div style="text-align:right"><i>Paysage romain avec personnages</i>, Ashmolean Museum, Oxford</div></p>

<p><img src="/images/divers/arts/goffredo-wals/paysage-avec-le-repos-lors-de-la-fuite-en-egypte-500.jpg"><br />
<div style="text-align:right"><i>Paysage avec le repos lors de la fuite en Égypte</i>, National Museum of Western Art, Tokyo</div></p>

<p><img src="/images/divers/arts/goffredo-wals/paysage-avec-le-christ-et-saint-pierre-500.jpg"><br />
<div style="text-align:right"><i>Paysage avec le Christ et Saint-Pierre</i>, National Gallery of Scotland, Edinburgh</div></p>]]>

</content>
</entry>
<entry>
<title>Anges et sourires</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2011/03/anges_et_sourir.html" />
<modified>2011-03-28T21:56:42Z</modified>
<issued>2011-03-28T21:27:06Z</issued>
<id>tag:,2011:/1.397</id>
<created>2011-03-28T21:27:06Z</created>
<summary type="text/plain">Il y a un moment assez bref, dans l&apos;histoire de l&apos;art français, où les statues se sont mises à sourire. C&apos;est vers la fin du XIIIe siècle, sous les règnes de Saint-Louis et de Philippe le Bel, à l&apos;époque où...</summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>
<dc:subject>Arts, architecture...</dc:subject>
<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<p>Il y a un moment assez bref, dans l'histoire de l'art français, où les statues se sont mises à sourire. C'est vers la fin du XIII<sup>e</sup> siècle, sous les règnes de Saint-Louis et de Philippe le Bel, à l'époque où l'État français se met en place, la justice est rendue et Paris commence à rayonner dans l'Europe. </p>

<p><img src="/images/paris/1/louvre/sourire1.jpg"></p>

<p><img src="/images/paris/1/louvre/sourire2.jpg"></p>

<p><img src="/images/paris/1/louvre/sourire3.jpg"></p>

<p>La beauté de ces anges, sereine et équilibrée, atteint à un certain classicisme. Certains critiques d'art la trouvent pourtant maniérée. Quoi qu'il en soit elle a tenté les voleurs, qui se sont approprié <a href="http://notesdemusees.blogspot.com/2007/03/arras.html">deux anges similaires</a> dans une église du Nord en 1977.</p>

<p>Ces anges du Louvre s'inspirent peut-être du plus célèbre des anges souriants, celui de Reims :</p>

<p><img src="/images/paris/1/louvre/Ange_au_sourire-Commons.jpg"><br />
<small><i>(Source : <a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ange_au_sourire.jpg?uselang=fr">Commons</a>, domaine public)</i></small></p>

<p>La ressemblance est encore plus frappante avec l'<a href="http://www.cathedrale-reims.culture.fr/histoirearchitecure/sculpture/stylistique/grandesimages/21_grand.jpg">Ange de l'Annonciation</a>.</p>

<p>Juste en face du Louvre, d'ailleurs, sur le portail de Saint-Germain-l'Auxerrois&nbsp;:</p>

<p><img src="/images/paris/1/saint-germain-auxerrois-sourires.jpg"></p>

<p>Au fur et à mesure que l'on avance dans les salles du Louvre, le sourire, toujours présent pendant quelques dizaines d'années encore, gagne peu à peu en intimité...</p>

<p><img src="/images/paris/1/louvre/sourire8.jpg"></p>

<p><img src="/images/paris/1/louvre/sourire9.jpg"></p>

<p><img src="/images/paris/1/louvre/sourire11.jpg"></p>

<p>... mais perd quelque peu en spiritualité.</p>

<p>La Vierge est plus humaine, les anges moins divins. </p>

<p>C'est désormais le XIV<sup>e</sup> siècle. La Vierge joue avec l'Enfant, qui la taquine.</p>

<p><img src="/images/paris/1/louvre/sourire4.jpg"></p>

<p><img src="/images/paris/1/louvre/sourire5.jpg"></p>

<p><img src="/images/paris/1/louvre/sourire6.jpg"></p>

<p><img src="/images/paris/1/louvre/sourire7.jpg"></p>

<p>Peu après, ce sera la fin des Capétiens directs, les « Rois maudits », la Grande Peste et la guerre de Cent-Ans. Mais seule la Grande Guerre, au 20e siècle, interrompra le sourire de l'Ange au sourire de Reims, décapité lors d'un incendie. Sa tête sera remise en place quelques années plus tard.</p>

<p><img src="/images/paris/1/louvre/sourire10.jpg"></p>]]>

</content>
</entry>
<entry>
<title>Dirigeable sur Paris</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2011/03/dirigeable_sur.html" />
<modified>2011-03-15T07:26:35Z</modified>
<issued>2011-03-15T07:03:51Z</issued>
<id>tag:,2011:/1.395</id>
<created>2011-03-15T07:03:51Z</created>
<summary type="text/plain">Vision, ce matin, d&apos;un dirigeable survolant silencieusement Paris... À Paris, on marche, on circule en voiture ou en métro, on téléphone, on bavarde. Mais le survol en dirigeable ne fait pas partie des modes d&apos;utilisation normaux de Paris. Et lorsqu&apos;on...</summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>
<dc:subject>Paris</dc:subject>
<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<p>Vision, ce matin, d'un dirigeable survolant silencieusement Paris...</p>

<p><img src="/images/divers/dirigeable1-500.jpg"></p>

<p>À Paris, on marche, on circule en voiture ou en métro, on téléphone, on bavarde. </p>

<p>Mais le survol en dirigeable ne fait pas partie des modes d'utilisation normaux de Paris.</p>

<p><img src="/images/divers/dirigeable2-500.jpg"></p>

<p><img src="/images/divers/dirigeable3-500.jpg"></p>

<p>Et lorsqu'on ne sait pas exactement apprécier les distances, et qu'au même moment la radio décrit inlassablement une catastrophe inouïe et sans cesse renouvelée à l'autre bout du monde, l'angoisse naît...</p>

<p><object width="425" height="344"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/TQOaCBp8iXw?hl=fr&fs=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/TQOaCBp8iXw?hl=fr&fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"></embed></object></p>

<p>... de ce qui n'est qu'un <a href="http://www.paris.fr/accueil/Portal.lut?page_id=9654&document_type_id=2&document_id=97719&portlet_id=23775">vol prévu et annoncé</a>, pour mesurer, justement, la radioactivité au-dessus de Paris.</p>]]>

</content>
</entry>
<entry>
<title>Le docteur Goujon</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2011/03/le_docteur_gouj.html" />
<modified>2011-03-15T13:17:51Z</modified>
<issued>2011-03-14T17:21:19Z</issued>
<id>tag:,2011:/1.394</id>
<created>2011-03-14T17:21:19Z</created>
<summary type="text/plain">Étienne Goujon, né en 1840 à trente kilomètres de Bourg-en-Bresse, fut maire du 12e arrondissement de Paris vers la fin du 19e siècle, tout en exerçant en parallèle les mandats de sénateur de l&apos;Ain et, brièvement, de président du Conseil...</summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>
<dc:subject>Arts, architecture...</dc:subject>
<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<p>Étienne Goujon, né en 1840 à trente kilomètres de Bourg-en-Bresse, fut maire du 12e arrondissement de Paris vers la fin du 19e siècle, tout en exerçant en parallèle les mandats de sénateur de l'Ain et, brièvement, de président du Conseil général du même département. Il est mort en 1907.</p>

<p>Bien sûr, ce n'est pas pour cela que je parle ici de lui.</p>

<p>La mémoire d'Étienne Goujon a été préservée par son inscription dans le réseau des rues de Paris. La <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rue_du_Docteur-Goujon">rue du Docteur-Goujon</a> (car il était médecin) trace <a href="http://maps.google.com/?ie=UTF8&ll=48.840285,2.398195&spn=0.001847,0.005949&t=h&z=18">un raccourci</a> entre le boulevard de Reuilly et la rue de Picpus.</p>

<p>Or une vue depuis le ciel montre une remarquable homogénéité des deux blocs d'immeubles entre lesquels se glisse la rue du Docteur-Goujon :</p>

<p><img src="/images/divers/goujon/goujon1.jpg"></p>

<p>Cette homogénéité est encore plus surprenante lorsqu'on parcourt à pied la rue en question :</p>

<center><img src="/images/divers/goujon/goujon2.jpg"></center>

<p>Le triangle constitué par la rue du docteur Goujon et les deux blocs qui la bordent sur toutes leurs façades, entre le boulevard de Reuilly, la rue de Picpus et la rue Lamblardie, forme un gigantesque ensemble Art Déco, manifestement construit dans le cadre d'un programme unique. Je ne connais pas d'ensemble résidentiel Art Déco aussi vaste et homogène à Paris.</p>

<p><img src="/images/divers/goujon/goujon3.jpg"></p>

<p>Toutes les façades ont la même hauteur, avec balcon filant aux deuxième et sixième étages. Des décors floraux stylisés soulignent le balcon haut. Seuls les angles de rues ont droit à quelques variations : rotonde, coin rentré... ainsi que les portes d'entrée, toutes individualisées :</p>

<center><img src="/images/divers/goujon/goujon4.jpg"></center>

<center><img src="/images/divers/goujon/goujon5.jpg"></center>

<p>Ces immeubles sont datés de la fin des années 1920 et signés d'un certain Landes. </p>

<p>Mais un mystère demeure : pourquoi, sur chacun des immeubles, le nom d'un autre architecte (ainsi que la lettre « s » à la fin du mot « architectes ») a-t-il été effacé ?</p>

<p><img src="/images/divers/goujon/goujon6.jpg"></p>

<p>L'indispensable site <a href="http://parisenconstruction.blogspot.com/">parisenconstruction.blogspot.com</a> permet de supposer <a href="http://parisenconstruction.blogspot.com/2010/01/lettre-p-de-boulevard-de-picpus-passage.html">à la lettre D comme Docteur-Goujon</a> que le nom biffé est « Boutterin », architecte associé à Landes sur les permis de construire. Les mêmes noms apparaissent d'ailleurs sur l'immeuble du <a href="http://www.pss-archi.eu/immeubles/FR-75056-28796.html">56, rue Beaubourg</a>.</p>

<p>Ce Boutterin est-il <a href="http://archiwebture.citechaillot.fr/awt/fonds.html?base=fa&id=FRAPN02_BOUTT_fonds-803">Maurice Boutterin</a> (1882-1970), architecte en chef du Gouvernement, qui a également participé à l'aménagement du  Petit Palais et a <a href="http://chateau.rochefort.free.fr/patrimoine/pas-de-calais/fiche.php?i=62427&m=2">construit</a> <a href="http://maps.google.com/maps?f=q&source=s_q&hl=fr&geocode=&q=Place+Carnot,+H%C3%A9nin-Beaumont,+France&aq=0&sll=48.856667,2.350987&sspn=0.236278,0.499878&ie=UTF8&hq=&hnear=Place+Carnot,+62110+H%C3%A9nin-Beaumont,+Pas-de-Calais,+Nord-Pas-de-Calais,+France&ll=50.420379,2.948783&spn=0.001788,0.003905&t=h&z=18&layer=c&cbll=50.420485,2.948428&panoid=oQ72ykzHgTLlLUWQsJP2bg&cbp=12,344.94,,0,-9.34">l'église Saint-Martin</a> à Hénin-Beaumont ? Originaire de Besançon, il partage avec son père Marcel Boutterin (1842-1915) <a href="http://maps.google.com/maps?f=q&source=s_q&hl=fr&geocode=&q=Rue+Marcel+et+Maurice+Boutterin,+Besan%C3%A7on,+France&aq=0&sll=47.267247,6.030475&sspn=0.001904,0.003905&ie=UTF8&hq=&hnear=Rue+Marcel+et+Maurice+Boutterin,+25000+Besan%C3%A7on,+Doubs,+Franche-Comt%C3%A9,+France&ll=47.266897,6.030893&spn=0.007615,0.015621&z=16">une rue dans cette ville</a>.</p>

<p>S'il s'agit bien de cet architecte important et prolifique, comme cela paraît <a href="http://archiwebture.citechaillot.fr/awt/toc.xsp?fmt=archiwebture&base=fa&idtoc=FRAPN02_BOUTT-pleadetoc&id=FRAPN02_BOUTT_objet-14076">très probable</a>, pourquoi donc son nom a-t-il été effacé ?</p>]]>

</content>
</entry>
<entry>
<title>Retour dans la rue Watt</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2011/02/retour_dans_la.html" />
<modified>2011-02-06T16:59:34Z</modified>
<issued>2011-02-06T16:48:23Z</issued>
<id>tag:,2011:/1.393</id>
<created>2011-02-06T16:48:23Z</created>
<summary type="text/plain"><![CDATA[... où les graffitis, dont j'ai constaté il y a peu la disparition&nbsp;: ... comment à faire leur réapparition : (cliquer sur l'image pour la lire)...]]></summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>
<dc:subject>13e arrondissement</dc:subject>
<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<p>... où les graffitis, dont j'ai <a href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2010/10/la_rue_watt.html">constaté il y a peu la disparition</a>&nbsp;:</p>

<p><img src="/images/paris/13/rue-watt/IMG_2946.JPG-500.jpg"></p>

<p>... comment à faire leur réapparition :</p>

<p><a href="/images/paris/13/paris-rive-gauche/rue-watt-graffiti-grand.jpg"><img border=0 src="/images/paris/13/paris-rive-gauche/rue-watt-graffiti.jpg"></a></p>

<p>(cliquer sur l'image pour la lire)<br />
</p>]]>

</content>
</entry>
<entry>
<title>PSS mobile, guide d&apos;architecture pour iPhone</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2011/01/pss_mobile_guid.html" />
<modified>2011-01-30T19:45:05Z</modified>
<issued>2011-01-30T19:25:59Z</issued>
<id>tag:,2011:/1.392</id>
<created>2011-01-30T19:25:59Z</created>
<summary type="text/plain">Le site PSS propose depuis longtemps déjà une base de données d&apos;immeubles complétée par les internautes. Centrée au départ sur les gratte-ciels (« Paris SkyScrapers »), elle s&apos;est progressivement étendue, au gré des contributeurs et des modérateurs et grâce au talent du...</summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>
<dc:subject>Arts, architecture...</dc:subject>
<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<p>Le site <a href="http://pss-archi.eu">PSS</a> propose depuis longtemps déjà une <a href="http://www.pss-archi.eu/immeubles_villes.html">base de données d'immeubles</a> complétée par les internautes. Centrée au départ sur les gratte-ciels (« Paris SkyScrapers »), elle s'est progressivement étendue, au gré des contributeurs et des modérateurs et grâce au talent du développeur de la base, au point de présenter un vaste panorama du patrimoine architectural : immeubles construits, chantiers, projets, voire monuments disparus.</p>

<p>Ayant expérimenté il y a quelque temps sur mon iPhone <a href="http://itunes.apple.com/fr/app/architecture-guide-essai-gratuit/id310574925?mt=8">un petit guide d'architecture</a> doté d'une dizaine d'immeubles à peine sur Paris, je me suis dit qu'<b>on pourrait faire mieux, mais alors beaucoup mieux</b> à partir de la base de données de PSS. </p>

<p>Je m'y suis donc mis et voici le résultat :</p>

<center><b><a href="http://pss-archi.eu/mobile">http://pss-archi.eu/mobile</a></b></center>

<p><b>PSS mobile</b> affiche sur l'iPhone (merci d'ajouter un commentaire ci-dessous si cela fonctionne sur d'autres appareils dotés de géolocalisation) la liste des immeubles les plus proches, avec description, photo et lien vers Google Maps. Il ne s'agit pas d'une application à acheter pour 2,99&nbsp;€ sur l'App Store, mais d'une simple page Web, qui demande donc un accès à Internet.</p>

<center><a href="http://pss-archi.eu/mobile"><img src="/images/divers/pss-mobile.png" border=0></a></center>

<p>Les résultats ont dépassé mes espérances&nbsp;: où que l'on soit à Paris, la base de données contient généralement une cinquantaine d'immeubles à moins de 700 mètres. On me dit que cela fonctionne également très bien dans des villes de province. Après tout, la base contient (aujourd'hui) 3&nbsp;829 immeubles dans le Petit Paris, 2&nbsp;304 à Toulouse, 244 à Gap, 48 à Liège et 13 à Cayenne. Au total 29&nbsp;000 immeubles dans 1&nbsp;350 villes.</p>

<p>Voilà de quoi alimenter bien des balades architecturales dans toute la France et la Belgique... et me prouver à moi-même que je peux encore écrire un peu de code.<br />
</p>]]>

</content>
</entry>
<entry>
<title>Le plan de Bilbao</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2011/01/le_plan_de_bilb.html" />
<modified>2011-01-05T06:36:41Z</modified>
<issued>2011-01-05T06:38:34Z</issued>
<id>tag:,2011:/1.389</id>
<created>2011-01-05T06:38:34Z</created>
<summary type="text/plain">La beauté de Bilbao est liée à ses principes d&apos;urbanisme : l&apos;Ensanche, la ville conçue au 19e siècle qui constitue aujourd&apos;hui le coeur du Bilbao des affaires, du commerce, de la culture et des distractions, suit un plan assez proche...</summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>
<dc:subject>Europe</dc:subject>
<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<p>La beauté de Bilbao est liée à ses principes d'urbanisme : l'Ensanche, la ville conçue au 19e siècle qui constitue aujourd'hui le coeur du Bilbao des affaires, du commerce, de la culture et des distractions, suit un plan assez proche de <a href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2006/06/a_quoi_ressembl.html">celui de l'Eixample à Barcelone</a>, quoique moins systématique&nbsp;: des rues larges, des places rondes ou elliptiques, immeubles à pans coupés aux carrefours.</p>

<p><img src="/images/europe/espagne/plan-bilbao.jpg"></p>

<p>Se trace ainsi une ville d'autant plus lisible que le sol est plat et le paysage urbain encadré par le répère des montagnes en arrière-plan. Les croisements, par leur taille et leur forme, s'inscrivent dans une hiérarchie urbaine claire : place Muoya elliptique qui sert de destination aux axes les plus larges et  notamment aux avenues obliques qui tranchent sur la grille orthogonale des rues, places circulaires, carrefours.</p>

<p><img src="/images/europe/espagne/IMG_3455.JP-500.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/espagne/IMG_3453.JP-500.jpg"></p>

<p>Les immeubles sont de tailles similaires (un haut rez-de-chaussée, quatre ou cinq étages plus des combles) et emploient des figures communes (grandes loggias, bow-windows dans les quartiers les plus bourgeois), mais la diversité des styles assure le permanent renouvellement du paysage urbain.</p>

<p><img src="/images/europe/espagne/IMG_3443.JP-500.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/espagne/IMG_3437.JP-500.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/espagne/IMG_3474.JP-500.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/espagne/IMG_3256.JP-500.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/espagne/IMG_3259.JP-500.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/espagne/IMG_3335.JP-500.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/espagne/IMG_3355.JP-500.jpg"></p>

<p>Aux carrefours, les immeubles à pans coupés rivalisent pour attirer l'attention du passant, transformant chaque croisement en petit spectacle urbain.</p>

<p><img src="/images/europe/espagne/IMG_3460.JP-500.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/espagne/IMG_3250.JP-500.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/espagne/IMG_3254.JP-500.jpg"></p>

<p><a href="/images/europe/espagne/bilbao-panscoupes-1240.jpg"><img src="/images/europe/espagne/bilbao-panscoupes-500.jpg"></a><br />
<small>(image cliquable)</small></p>

<p>Dans le pays basque français, les goûts et les couleurs ne se discutent pas mais se conforment à un standard : volets de couleur mate (rouge, bleu, marron, vert), limitation des hauteurs, toits à pans dissymétriques...</p>

<p>Côté espagnol, les villes ne procèdent pas à la même recherche du pittoresque, l'affirmation de l'identité passant par des voies autres qu'architecturales. Difficile de déterminer vraiment un style basque espagnol. Bilbao est, tout simplement, une bien belle ville, où le flâneur imagine qu'il doit faire aussi bon vivre et travailler que se promener.<br />
</p>]]>

</content>
</entry>
<entry>
<title>Le métro de Bilbao</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2011/01/le_matro_de_bil.html" />
<modified>2011-01-04T20:05:54Z</modified>
<issued>2011-01-04T19:50:39Z</issued>
<id>tag:,2011:/1.390</id>
<created>2011-01-04T19:50:39Z</created>
<summary type="text/plain">Le métro de Bilbao, sous des entrées caractéristiques qui sortent de terre comme un serpent mécanique (les « fosteritos », du nom de l&apos;architecte du métro Norman Foster dont j&apos;avais déjà aimé la Swiss Re à Londres) : ... offre un aspect...</summary>
<author>
<name>thbz</name>

<email>bloc-notes-notify@thbz.org</email>
</author>
<dc:subject>Europe</dc:subject>
<content type="text/html" mode="escaped" xml:lang="en" xml:base="http://bloc-notes.thbz.org/">
<![CDATA[<p>Le métro de Bilbao, sous des entrées caractéristiques qui sortent de terre comme un serpent mécanique (les « <i>fosteritos</i> », du nom de l'architecte du métro <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Norman_Foster_%28architecte%29">Norman Foster</a> dont j'avais déjà aimé <a href="http://bloc-notes.thbz.org/archives/2005/04/logive_de_londr.html">la Swiss Re</a> à Londres) :</p>

<p><img src="/images/europe/espagne/bilbao1.jpg"></p>

<p>... offre un aspect assez rébarbatif à premier abord, tout de béton brut et dépourvu d'ornement :</p>

<p><img src="/images/europe/espagne/bilbao2.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/espagne/bilbao3.jpg"></p>

<p>Mais, lorsqu'on y descend à nouveau...</p>

<p><img src="/images/europe/espagne/bilbao4.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/espagne/bilbao5.jpg"></p>

<p>... peu à peu le rouge relève le gris comme le piment dans un plat  :</p>

<p><img src="/images/europe/espagne/bilbao9.jpg"></p>

<p><img src="/images/europe/espagne/bilbao6-2.jpg"></p>

<p><i>(la photographie ment : les panneaux lumineux sont de couleur rouge et non jaune-orangée)</i></p>

<p><img src="/images/europe/espagne/bilbao8.jpg"></p>

<p>... et le métro de Bilbao dévoile une élégance sobre et, s'imposant avec une obstination systématique aussi bien sur les quais que dans les rames et dans tous les détails de la signalétique comme sur les panneaux d'information, discrètement séduisante :</p>

<p><img src="/images/europe/espagne/bilbao7.jpg"><br />
</p>]]>

</content>
</entry>

</feed>
