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14 novembre 2014 - Corée

Destruction

Aujourd'hui j'ai traversé un quartier de Séoul en temps de paix :

Les drapeaux rouges signifient l'opposition des derniers résidents. Ici un habitant résiste encore au dernier étage d'un bâtiment dominant la montagne de gravats (même site il y a deux ans). Des jarres à kimchi abandonnées sur une terrasse. « En cours de construction, désolé ! Merci de faire un détour. » « Un procès est en cours, etc. » (banderole déjà en place il y a deux ans) Parti sans laisser d'adresse ? À Séoul, on construit sur les ruines de la ville ancienne.

Les bâtiments qui tiennent encore debout démontrent que le quartier n'était ni insalubre, ni dangereux. C'était juste un quartier comme Séoul en compte tant, construit vers la fin du vingtième siècle, avec des rues pas vraiment droites, des escaliers pour escalader la colline, des maisons de trois ou quatre étages en brique ou en béton, certainement des commerces, peut-être même un marché.

Dans quelques jours, quelques semaines sans doute, tous les habitants restants auront été expulsés, les bâtiments détruits, les gravats enlevés. Et dans deux ans, le site ressemblera à ce grand ensemble tout neuf que j'avais traversé un peu plus tôt dans l'après-midi :

La nature, paraît-il, a besoin de biodiversité pour survivre : le mélange des espèces favoriserait la survie de toutes, chacune interagissant avec les autres. Les jardiniers, aujourd'hui, multiplient les espèces plutôt que d'essayer d'en imposer une seule qui serait la meilleure de toutes. N'en est-il donc pas de même de la ville ? Une forme unique d'habitat peut-elle recouvrir peu à peu une métropole de vingt millions d'habitats sans qu'il manque quelque chose à la ville ?

Publié par thbz le 14 novembre 2014

2 commentaire(s)

1. Par Détails  (17 novembre 2014) :

Comment as-tu pu t'approcher cet îlot en destruction? :-) Il n'est pas fermé au public?
En tout cas, la question que tu te poses à la fin est plutôt intéressante.Apparemment,ici, Il ne s'agit non seulement de "la multiplication" des espèces mais également de "la régénération" de ces derniers.

2. Par thbz  (18 novembre 2014) :

Alors que les chantiers de construction sont entourés de hautes palissades, ce quartier en cours de destruction n'était protégé par aucune barrière, gardien ou maître-chien.

C'est bien pour cela que j'avais la sensation de traverser une ville ravagée par la guerre, telle qu'on les voit dans les films européens de l'immédiat après-guerre. Ou telle que Séoul vers le milieu des années 1950...

D'ailleurs certains petits immeubles, en plein milieu des décombres, paraissaient encore habités (portes et fenêtres intactes, voire caméras de surveillance).

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