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17 mars 2020 - 13e arrondissement

Confinement, jour 1 - mardi

À huit heures du matin, l'avenue d'Italie est presque déserte. Mais une heure plus tard, les trottoirs sont parcourus de nombreux piétons. Ils ne renoncent pas à aller faire des courses. Les files d'attente s'allongent devant la boucherie, l'épicerie et la boulangerie, d'autant plus longues que les clients respectent à peu près l'obligation de distanciation.

Dès midi, lorsque l'obligation de confinement entre en vigueur, la rue se vide. Seules quelques personnes sortent encore faire leurs courses. Les véhicules continuent à parcourir l'avenue, mais ce sont souvent des camionettes ou des bus : des déplacements professionnels.

Mais c'est en début de soirée que je découvre véritablement un nouveau monde en ouvrant la fenêtre.

Pour la première fois dans ce quartier où j'ai toujours vu la vie d'un arrondissement se fondre dans un vrombissement permanent, une rumeur indistincte, pour la première fois j'entends le chant des oiseaux.

Désormais la plupart des commerces d'alimentation et des pharmacies sont fermés, les personnes qui travaillaient sont rentrées chez elles. On peut regarder la rue pendant plusieurs minutes sans voir une seule personne passer. Les véhicules sont eux-mêmes très espacés. Sans doute les rames de métro circulent-elles pratiquement vides.

A onze heures du soir, les voitures elles-mêmes ont disparu dans cette avenue si fréquentée. Les oiseaux ne chantent plus. Sur un vague fond sonore se détachent quelques bruits inhabituels : un crissement, une musique de téléviseur, une mobylette très loin. Soudain une voiture de médecin circule avec une sirène bien inutile et s'arrête. Nous sommes bien passés de l'autre côté.

Publié par thbz le 17 mars 2020

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