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25 avril 2019 - Corée

Portails de Busan

Ce quartier, situé dans le centre de Busan, entre Gampo-ro et une colline, n'a sans doute pas grand-chose de spécifique. On retrouve ce genre de maisons à Séoul et dans d'autres villes coréennes. Tout au plus aperçoit-on parfois un palmier pour signaler qu'on est ici au sud du pays.

On trouve ici quelques immeubles collectifs, les apateu tanji ne sont jamais très loin, mais dans ce groupe de rues la plupart des maisons ont seulement un rez-de-chaussée et un étage plus étroit, prenant un peu la forme d'un chalet de montagne. Contrairement aux maisons de ville françaises, elles ne donnent pas directement sur la rue, dont elles sont généralement séparées par un enclos percé d'un portail. C'est une règle générale de l'urbanisme en Corée : les immeubles, les maisons ne se touchent pas. Du coup les maisons cherchent à ménager un espace, si petit soit-il, entre la maison et la rue, accessible aux seuls habitants. Parfois toutefois l'enclos est supprimé pour aménager une ou deux places de parking.

J'ai collectionné plus particulièrement les portails de ces maisons. Certains sont constitués de barres en métal brillant, d'autres de panneaux de bois. Ils sont souvent surmontés d'une arche en béton.

D'une manière générale, je ne vois guère de lien entre le style du portail, celui de l'enclos et celui de la maison. L'enclos est séparé de la maison comme les maisons sont séparées les unes des autres. Il est rare qu'une cohérence de style soit recherchée.

Un livre intitulé Doors & Gates of Korean Style House souligne pourtant, d'après son résumé en ligne, la relation qui s'établit entre le portail et la maison. En pratique j'ai la sensation que le portail répond à trois ou quatre principaux genres et que son ornementation, voire sa fantaisie, ne répond guère à la sobriété de la maison. Toutefois certains portails sont, comme la maison à laquelle ils mènent, surmontés de tuiles coréennes.

Le livre attribue aussi des caractéristiques philosophiques ou religieuses au portail, dont la taille, l'emplacement, la forme seraient liées à la conception de la vie et de la mort. On peut en tout cas noter l'importance des portails dans l'arrangement spatial des temples coréens, où ils rythment le chemin sacré qui fait passer le fidèle du monde profane à celui du temple.

Parfois, le portail comporte deux entrées, une large et une étroite. S'agit-il d'un héritage des portes anciennes ? Dans les maisons traditionnelles (hanok), le portail principal (soseuldaemun), couronné de tuiles, autorise le passage des chaises à porteur, tandis que la porte utilisée par les gens du commun, pyeongdaemun, ne s'élève pas au-dessus du mur adjacent1.

Dans les bâtiments les plus importants, palais royal (y compris à la Cité interdite de Pékin) ou portail d'accès à un temple, trois passage sont aménagés, celui du centre étant réservé au souverain ou aux moines.

Le portail peut être encadré de briques...



d'une arche aux formes exotiques...

voire d'aucune arche...


mais il est le plus souvent couronné d'un simple linteau.

Sur ou devant ce portail on trouve, de gauche à droite : un piquet en plastique interdisant le stationnement ; une boîte à lettres ; l'indication du numéro de rue et un panneau « SECOM » informant les voleurs que la maison est sécurisée.


1. Ben Jackson et Robert Koehler, ''Korean Architecture'' (Google Books).

Publié par thbz le 25 avril 2019

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