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19 août 2005 - France - Paris-Millau 2005

Paris-Millau

Je voulais voir le viaduc de Millau, mais personne ne ferait huit heures de train juste pour voir un édifice. Il fallait, pour justifier mon voyage, que l'objectif ne soit pas seulement la destination, mais aussi le trajet lui-même. Comment donc aller jusqu'à Millau ?

Le train permet de se déplacer d'une ville à une autre ; il ne permet pas de découvrir la campagne qui les sépare. En voiture, le conducteur ne peut pas vraiment profiter des régions traversées. L'avion demande une longue préparation : pas question d'improviser un voyage et de rester un jour de plus, ou de moins, que prévu. À pied, c'est amusant un moment, mais un peu répétitif ; et la brièveté des étapes aurait obligé à faire du camping. Il restait un moyen de transport : le vélo.

Certes, Paris-Millau, cela représentait des centaines de kilomètres, la traversée du Massif Central du nord au sud. Quelques vrais cols de montagne, des côtes sans nombre. Chaque jour, de nombreuses heures de route. Et lorsqu'on arrive à l'endroit où on compte faire étape, il faut encore trouver un hôtel ; décrocher les sacoches et les vider ; prendre une douche ; et seulement après, chercher un endroit où manger un bout ; or l'après-midi est déjà largement entamé et on ne trouve plus que des sandwiches. Bref, la route qui mène au viaduc de Millau est longue et semée d'embûches.

La route elle-même n'est pas une simple promenade. Lorsqu'on doit parcourir 100 ou 150 kilomètres dans la journée, il n'est pas question de s'arrêter à chaque coin de champ. Certes on ralentit parfois devant un champ de tournesol, on s'arrête même pour prendre une photo si le spectacle en vaut la peine (mais on est toujours déçu par la photo, elle ne reproduit pas le vent qui vous rend plus attentif, elle ne vous enveloppe pas de tous les côtés comme un site de montagne). On veut arriver à l'étape assez tôt pour pouvoir visiter un musée ou une église.

Le Parisien découvre ainsi que la campagne, ce n'est pas seulement un lieu sans cinéma, sans magasins et sans métro. C'est aussi des paysages qui se renouvellent juste au rythme qu'il faut : la campagne défile assez lentement pour qu'on ait le temps de la contempler et assez rapidement pour qu'on ne s'en lasse pas. Car on ne pourrait pas y vivre, bien entendu ; on la traverse en touriste. L'effort physique prend le pas sur les pensées et empêche le cerveau de s'ennuyer. On peut passer huit heures consécutives sur un vélo sans jamais avoir l'impression de perdre son temps.

Chaque ville-étape, sur ce parcours, avait son intérêt. Plus elle était petite, comme Saint-Flour ou Mende, plus la taille ou la beauté de son église surprenait par rapport à la faible importance de la ville. Je me sentais naïf comme ce Parisien qui, sur le livre d'or d'une exposition d'art contemporain à Issoire, avait noté sa surprise devant la qualité de la vie culturelle dans une ville aussi petite.

Les étapes : Gien, Nevers, Vichy, quelques jours autour de Clermont-Ferrand, du Puy-de-Dôme et des églises romanes, Issoire, Saint-Flour, Mende et Millau, sont ou devraient être bientôt décrites dans des notes.

Trois galeries de photos :
- de Paris à Vichy,
- dans le Massif Central,
- Millau et le viaduc.

Publié par thbz le 19 août 2005

2 commentaire(s)

1. Par berangere  (06 février 2007) :

incroyable!
J'ai la même envie
je commence tout juste ma recherche et je tombe sur ton histoire
internet fait des miracles
Le kouak c'est que je me suis jamais lancee , je ne connais aucun site "rando velo" ou guide qui pourrait m'aider
je crois pas avoir la force et surtout le temps...pour la complete mais au moins un bout!
Peux tu m'éclairer !

2. Par thbz  (06 février 2007) :

Pour moi, le seul site qui m'ait vraiment apporté quelque chose, c'est http://fubicy.org/train/, qui dit tout sur l'utilisation du vélo dans le train. Ce qui est souvent compliqué, voire impossible en France. Ce site est indispensable sauf si on compte faire un trajet circulaire (ou si tu as quelqu'un pour venir te récupérer en voiture...)

Ensuite, il faut se lancer : d'abord une balade de deux jours (j'ai commencé par un aller-retour jusqu'à Sens), et puis le grand départ. De toute manière on n'a rien à perdre, sauf un peu de fierté si on abandonne en cours de route :-)

Il faut aussi des cartes (évidemment) et puis un vélo correct (j'ai fait tout ça avec un VTC, très pratique et pas trop cher : environ 300 euros). Avec les équipements utiles comme le sac sur le guidon. Et un bon anti-vol (après Millau, je suis allé jusqu'à Montpellier où on m'a volé mon vélo...)

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