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16 août 2014 - Corée

À quoi ressemble Séoul

C'est un grand plaisir, par une fraîche matinée ensoleillée, entre hiver et printemps, de monter à travers les bois, et pourtant en plein centre-ville, par les sentiers, deux ou trois fois plus haut que Montmartre, jusqu'au sommet de la montagne de Namsan, pour apercevoir de temps en temps entre les arbres et finalement voir pleinement depuis le sommet : Séoul.

(Certaines images sont cliquables.)

Au-delà des pentes boisées de Namsan, de vastes étendues de maisons basses, à peine striées par les lignes peu visibles des rues irrégulières, sont séparées par quelques grands axes. De temps en temps, vers la rivière Han, émergent par blocs des barres de logements aux formes standardisées ou des quartiers d'affaires aux tours caractéristiques.

De l'autre côté de la rivière, de nouveaux grands ensembles forment par endroit une véritable muraille. Plus loin le grand quartier d'affaires de Gangnam, celui de Yeouido, et d'autres montagnes elles aussi insérées dans la ville ferment le paysage.

Au nord, c'est d'abord le quartier de tours de Jongno, puis au-delà des quartiers de logements aux mêmes barres standardisées, d'autres tours encore, des parcs et enfin des montagnes encore plus élevées que la ville, cette fois, n'a pas pu contourner.

Donc à quoi ressemble Séoul ?

Séoul est une vaste toile urbaine constituée de maisons à toits bas, montant et descendant avec les pentes des collines, soulevée ici et là par des nappes de tours ou de barres, percée enfin aux quatre coins de l'horizon par des montagnes inhabitées.

Mais Séoul a un centre vide : la montagne de Namsan, au pied de laquelle s'étend vers le sud l'immense base militaire américaine, remplacée par un espace vert fictif sur l'équivalent coréen de Google Maps, puis un immense non-lieu qui va de la gare de Tokyo à celle de Yongsan et jusqu'à la rivière Han. Toute cette zone peu construite, peu habitée, peu fréquentée par les humains mais abondamment parcourue par les automobiles et par les trains, constitue au cœur de la métropole, entre les grands centres de Gwanghwamun au nord et de Gangnam au sud, un énorme espace informe, écartant à sa périphérie les grands quartiers commerçants, d'affaires, de pouvoir, de loisir, d'éducation, centres éclatés de la vie humaine et repères du paysage de Séoul.


On peut monter dans d'autres collines et montagnes pour voir à quoi ressemble Séoul. Elles sont nombreuses.

Au sud, Gwanak-san est une véritable montagne, dont l'ascension nécessite des bonnes chaussures de marche, voire d'escalade pour certains chemins d'accès. Depuis le sommet on aperçoit le quartier de Gangnam et le début de la banlieue sud.

À l'ouest du centre-ville, Seongmi-san et Sang-am sont des collines de quartier, comme à Paris il y a des squares de quartier. La montée est aisée et offre des points de vue multiples sur la métropole.

On voit toujours, au premier plan, un espace de repos avec quelques bancs et des agrès pour encourager les promeneurs à faire un peu d'exercice, puis, en ce mois de mars, des pentes couvertes d'arbres sans feuillage ou de pins. Selon l'endroit, tours et barres apparaissent striées par les troncs d'arbres, ou bien des immeubles bas se regroupent sans ordre apparent avec les formes, dimensions, matières et couleurs les plus variées, tandis qu'un peu plus loin les grands ensembles de logements affichent sur vingt-cinq étages de hauteur une uniformité répétée sur cinq, dix, vingt immeubles identiques. La nappe de la ville s'étend au loin, soulevée par les quartiers de tours et au fond par les montagnes. Des voies rapides sur pilotis, la bande moirée de la rivière Han, quelques tours plus hautes que les autres se détachent dans la poussière de l'horizon.



On pourrait encore décrire Séoul depuis le ciel, comme le font ce superbe documentaire ou les photos « dirigeable » disponible sur Naver Maps. Mais Séoul ne ressemble à cela que pour les oiseaux — en pure perte, car les oiseaux ne pratiquent pas la contemplation urbaine.

Publié par thbz le 16 août 2014

2 commentaire(s)

1. Par Détails  (17 août 2014) :

J'ai toujours eu l'impression qu'il s'agit d'une ville urbanistiquement très ordonnée et avec certaines de tes photos je me rends compte de l'anarchie dans certains quartiers. Une "anarchie" qui rend la ville plus humaine finalement. Par contre ma surprise est grande devant tant de "collines" (non aménagées)est-ce dû seulement à l'étendue de la ville? je me le demande.

2. Par thbz  (18 août 2014) :

Seoul s'est étendue au gré des operations d'urbanisme et se renouvelle régulièrement, à coup d'opérations immobilières. Chaque quartier, voir chaque immeuble repond donc à la mode du moment plus qu'à un plan d'ensemble.

Quant aux collines, voire aux montagnes, c'est la caractéristique d'un pays qui en est composé à 80 %. Elles sont toujours là dans le paysage, où que l'on soit ou presque. Et jamais habitées, sauf quelques pentes à Séoul.

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