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18 mars 2020 - 13e arrondissement

Confinement, jour 2 - mercredi

Avant dix heures du matin je sors faire des courses. J'ai bien rempli mon attestation : nom et adresse, motif de la sortie, date, signature. La rue est un peu animée (car on s'est déjà habitué à une ville vide). Devant l'entrée du supermarché, une demi-douzaine de personnes attendent, en pointillés distants de plus d'un mètre. Un garde au visage non masqué, muni de gants, fait signe à une ou deux personnes d'entrer chaque fois qu'un nombre égal de clients sortent du magasin.

C'est mon tour assez rapidement. Je prends les produits prévus sans toucher ceux que je n'ai pas l'intention d'acheter. Je les mets dans le sac que j'ai apporté et non dans les paniers mis à disposition. J'évite de toucher mon téléphone portable à partir du moment où j'ai posé la main sur un produit ou un objet qu'une autre personne a peut-être manipulés précédemment. Après le passage aux caisses automatiques (car tout contact humain est, aujourd'hui, considéré comme une impolitesse ; la convivialité est un délit puni d'une contravention) et retour à la maison, où je me lave les mains avant de reprendre mes activités. Bref, je suis un bon élève.


En début d'après-midi, le temps est superbe. Dans les immeubles environnants, plusieurs personnes prennent le soleil sur leur terrasse.

Après le coucher du soleil, je remarque des guirlandes électriques allumées autour de certaines fenêtres : sortent-ils leurs décorations de Noël ?

Et à huit heures du soir, la ville qui se taisait depuis deux jours se met soudain à applaudir les infirmières, les médecins, les chirurgiens, bref tout ceux qu'on désigne sous le terme technocratique « soignants ». Le spectacle est grandiose : une vie nouvelle apparaît dans la ville toujours immobile.


Publié par thbz le 18 mars 2020

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