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26 avril 2007 - 13e arrondissement - Arts, architecture...

Porte d'Italie invisible

Entre la porte de Choisy et la porte d'Italie...

...

... on longe un grand bâtiment en brique.


Les automobilistes qui passent là chaque matin ne se demandent jamais ce qu'il y a derrière ce mur, même s'ils empruntent la bretelle de sortie qui longe le hangar. Les riverains, qu'ils habitent côté 13e arrondissement ou côté Kremlin-Bicêtre, ne s'y intéressent pas non plus.

Un bâtiment industriel n'attire pas l'attention. On ne se demande pas spontanément à quoi il sert. Celui-ci, en particulier, est coincé contre le boulevard périphérique, au-delà des boulevards des Maréchaux. Donc plus vraiment à Paris, et pas encore en banlieue. Dans ce lieu indéfini, ce bâtiment a priori sans intérêt pourrait aussi bien ne pas exister. Il pourrait ne pas avoir de porte d'entrée. Il pourrait être un vestige, un édifice inachevé ou oublié, une erreur d'architecte. Le passant ne se pose même pas ces questions.

Les agents de la RATP savent, eux, à quoi sert ce bâtiment. Il abrite un atelier d'entretien (maintenance courante) et un atelier de révision (travaux plus importants de remise en état) du matériel roulant ferroviaire. La RATP possède plusieurs ateliers de ce type autour de Paris : à Saint-Ouen, par exemple, ainsi qu'à Rueil-Malmaison.

Ce bâtiment, avec sa triple nef de béton et ses dépendances, ne fait pas actuellement partie du Paris regardable. Cela peut-il changer ? Sera-t-il un jour reconnu comme un élément du patrimoine ? Quelqu'un va-t-il décréter qu'il représente un témoin intéressant de l'architecture industrielle d'avant-guerre et qu'il mérite à ce titre d'être préservé ?

Peut-être cela arrivera-t-il le jour où on évoquera sa destruction, comme pour la halle Sernam, qui était elle aussi un objet invisible jusqu'au jour où les projets de Paris-Rive Gauche, en la menaçant, en ont un fait un élément du patrimoine que certaines associations tentent de sauvegarder :

Mais il est possible, également, que jamais l'atelier de révision de Choisy ne commence à exister vraiment.

La suite : La porte d'Italie invisible (2/2).

Publié par thbz le 26 avril 2007

5 commentaire(s)

1. Par KA  (27 avril 2007) :

« Donc plus vraiment à Paris, et pas encore en banlieue. Dans ce lieu indéfini, ce bâtiment a priori sans intérêt pourrait aussi bien ne pas exister. »

Une espèce d'espace perecquien ?

2. Par thbz  (27 avril 2007) :

Je ne crois pas avoir pensé à Perec lorsque j'ai eu l'idée, au cours d'une balade, d'écrire ces deux articles. J'avais plus en tête un film extraordinaire de Rivette, Le Pont du Nord, pour son regard imaginaire sur le Paris réel.

3. Par DETAILS  (29 avril 2007) :

Pour attirer l'attention, un bâtiment comme celui-ci devrait faire parler de lui. C'est une construction sans attrait qui se trouve dans un endroit pas ou peu remarquable, c'est avec des récits comme le tien qu'on se rend compte de la place et de l'importance de ces bâtiments qui ont traversé des siècles sans qu'on les remarque et un beau jour ils peuvent connaître un sort meilleur...
Merci d'en avoir parler et pour le choix de tes sujets qui m'apprenne toujours plus!

4. Par DETAILS  (09 mai 2007) :

Tiens, aujourd'hui même je suis tombée sur le livre suivant: "Architecture industrielle Paris et alentours" de Maris-Françoise Laborde, j'ai pensé à cet article, tu connais ce livre?

5. Par thbz  (10 mai 2007) :

Non, je ne connais pas ce livre. On trouve plusieurs livres sur l'architecture industrielle de la région parisienne dans les librairies d'architecture, je regarderai lorsque j'y passerai !

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