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12 mai 2015 - Corée

Politique des couleurs

J'ai précédemment décrit, un peu longuement, les couleurs de la Corée, en fait les motifs colorés traditionnels dits dancheong.

Or les pouvoirs publics, à Séoul, ont mis en place une très officielle politique de promotion des « couleurs de Séoul ».

Une brochure en anglais les décrit de manière sommaire en les reliant aussi bien au patrimoine architectural qu'aux arbres et aux éléments naturels :

- le rouge des piliers du palais impérial et du dancheong ;

- le marron des piliers du palais Changgyeonggung ;

- le jaune du gingko, qui repeint la ville à l'automne ;

- le bleu du ciel d'automne ;

- le blanc argenté des vagues du fleuve Han, etc.

Ces dix couleurs ont été présentées lors de l'exposition « Seoul Colors, Seoul Story », organisée en 2009-2010 dans la galerie de design du parc d'Histoire et de Culture de Dongdaemun, aujourd'hui occupé par l'énorme musée du Design construit par Zaha Hadid.

Il s'agit de privilégier des couleurs associées à l'histoire de Séoul afin d'accroître la valeur de la ville en tant que marque, au travers d'une sorte de charte graphique. Un travail de recherche a permis, par un travail d'observation minutieuse de la ville et de son environnement, de mettre au point :

- une liste de 600 couleurs (!) dont l'utilisation est recommandée pour les bâtiments et enseignes à Séoul ;

- une liste de 250 couleurs fondamentales utilisées à Séoul ;

- une liste de 50 couleurs « locales », prises parmi les 250 précédentes ;

- enfin la liste des « 10 couleurs représentatives », prises parmi les 50 précédentes.

Toutes ces couleurs sont décrites avec précision dans des documents disponibles [coréen] sur le site de la ville de Séoul.

Les chantiers du centre-ville sont ainsi décorés de grandes affiches décrivant les caractéristiques des dix couleurs « officielles » de la ville.


Les couleurs de Séoul au fond du chantier de Magok

Ces couleurs font également l'objet d'un parc des Couleurs installé le long de la rivière Han (description en anglais). En fait ce parc est un simple espace sous l'énorme pont de Mapo :

On y trouve un grand panneau introductif avec des panneaux illustrant les dix couleurs :

... quelques plots pour s'asseoir :

... un autre panneau explicatif :

... et c'est tout.

Cette politique des couleurs fait partie d'une politique des symboles de Séoul qui définit avec la même précision le logo de la capitale, sa « marque » (condensée dans un calembour douteux : Hi Seoul, Soul of Asia), sa chanson (versions coréenne et anglaise), le slogan « Séoul ensemble » dont j'ai déjà décrit des affiches de promotion dans le métro, les emblèmes dont l'omniprésent Haechi et même sa police de caractères, sa fleur (le forsythia), son arbre (le gingko) et son oiseau (la pie, porteuse de bonnes nouvelles dans les histoires traditionnelles).

Publié par thbz le 12 mai 2015

3 commentaire(s)

1. Par Sylvie Niel  (17 mai 2015) :

L'intéressante politique des couleurs à Séoul est désormais connue des lecteurs de couleuraddict.com ...

2. Par Jaeeun  (19 mai 2015) :

Bien que j'aie trouvé l'idée de cette politique de couleurs bizard et snobe, plus tard, j'ai enregistré ces 10 couleurs de Séoul sur la palette de couleurs du LibreOffice, pour les appliquer dans les rédactions des tableaux et graphies issues de mes recherches de thèse. De toute façon, "la diversité" des enseignes de boutique et "l'oralité visualisée" des signes gravés sur ces enseignes sont trop en désordre. Certains diraient que c'est dynamique, d'autres penseraient que c'est moche. La ville de Séoul tende de donner un cadrage cohérent. Pourquoi pas pour ma thèse, je me suis compte... drôle mais cohérent pour la rédaction visuel.

3. Par thbz  (20 mai 2015) :

@Sylvie : content que cela vous intéresse. Je pense que je vais passer à autre chose maintenant...

@Jaeeun : après tout, c'est plutôt des jolies couleurs, bien contrastées. Donc ça peut aussi servir pour un ouvrage ou un site Internet...

S'agissant des enseignes, j'ai toujours été frappé par le fait que, en Corée, les façades sont invisibles en tant que telles, masquées par les enseignes (alors que la façade est tellement importante pour l'identité visuelle des villes françaises). Si la ville de Séoul veut y mettre de la cohérence, il y a du boulot, car on a l'impression actuellement que chaque enseigne cherche à occuper le plus grand espace possible avec des caractères aussi larges que possible.

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