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30 mai 2006 - Europe

Bucarest : la ville occidentale

Introduction - la ville contemporaine - la ville roumaine - la ville occidentale
la ville communiste - publicités

Autour de 1900, Bucarest se transforme sous l'influence du modèle occidental : d'abord Paris, mais aussi Vienne. Les architectes français sont convoqués à la cour du roi de Roumanie et édifient palais et monuments. C'est la grande époque de ce style français qu'on appelle « Beaux-Arts » mais dont on parle moins en France que dans les pays qu'il a influencés. Un grand nombre de ces bâtiments se succèdent le long de la rue Victoriei, sorte de grand'rue de Bucarest qui devient le « petit Paris ».

Le ministère de l'Intérieur, construit dans les années 30 et 40, est devenu après la guerre le siège du parti Communiste. C'est du balcon qui surplombe l'entrée centrale que Nicolae Ceausescu a parlé au peuple le 21 décembre 1989. À sa grande surprise, son peuple, loin de l'acclamer comme à son habitude, s'est mis à le huer. Un peu plus tard Ceausescu fuyait en hélicoptère par le toit, avant d'être rattrapé, jugé sommairement et exécuté. C'est aujourd'hui la place de la Révolution. Le pieu blanc transpercé par une sorte d'olive (les journalistes y voient plutôt une patate) est un monument, assez moche à mon avis, érigé à la gloire des martyrs de la Révolution qui méritaient mieux que cela. Il y a quelques semaines, un vandale, à moins que ce ne soit un artiste, l'a orné d'un graffiti inspiré du film V pour Vendetta. Pour un touriste comme moi, le pieu fait plutôt penser à Vlad l'Empaleur, dont Bram Stoker a fait le plus célèbre et le moins véridique des Roumains...

Sur la même place, la Bibliothèque centrale universitaire :

Et à côté, l'Athénée, salle de concert :

Plus loin, l'Arc de Triomphe (toute ressemblance avec...), en roumain Arcul de Triumf :

Le Cercle militaire national, où tout le monde peut aller dîner.

Les immeubles d'habitation adoptent eux aussi des styles parisiens, de l'hôtel particulier du 18e siècle à l'immeuble post-haussmannien. Les constructeurs évitent l'haussmannisme pur, peut-être à cause de son austérité : les bas-reliefs du style Louis XV ou les bow-windows et façades ondulées des années 1900 doivent mieux convenir au goût roumain. Bucarest devient le « petit Paris ». Ces immeubles sont toutefois, très souvent, dans un état déplorable. Plusieurs guerres sont passées par là, des décennies d'incurie et le grand tremblement de terre de 1977.

Certains immeubles réunissent tous les styles : fenêtres à colonnes classiques, loggias, toits à la Mansart, balcons 18e, et toujours l'indispensable ornementation. Ici, ça vaut vraiment le coup de cliquer.

D'autres, en particulier dans les quartiers résidentiels, s'offrent la couleur en plus et font penser à Vienne.

Les années passent et les styles évoluent, de moins en moins français. L'hôtel Ambasador rappelle encore certains immeubles des années 20 et 30 avec sa façade en retrait qui favorise l'exposition au soleil des appartements.

L'Art Déco triomphe dans cet ensemble de deux immeubles bien assortis...

... ainsi que dans la tour Romtelecom toute proche, petit gratte-ciel à la new-yorkaise qui a fière allure dans les méandres de la calea Victoriei.

Pour des immeubles plus ordinaires, les années 30 et 40 adoptent des façades courbes et grises, voire en ziggourat qui font penser à certains immeubles d'Henri Sauvage.

Arrive alors la Seconde Guerre mondiale. Les bombardements vont détruire certains quartiers et il en sortira un régime nouveau. Mais cela fera l'objet du chapitre suivant : la ville communiste et la folie des années 80.

Merci à Laura et Éric pour leurs conseils et corrections !

Publié par thbz le 30 mai 2006

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